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 Areigan Azel Reith [Finit]

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Areigan A. Reith

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MessageSujet: Areigan Azel Reith [Finit]   Jeu 29 Sep - 23:56


REITH

Areigan Azel



~ Identité ~


Nom : Reith
Prénom : Areigan Azel (mais Areigan suffira)
Surnom : Je n’apprécie guère les raccourcis de prénom. Grand bien vous en fasse de m’affubler d’un quelconque sobriquet, mais au risque que ce vous qui soyez raccourcis.

Age : 25 ans, mais ce n’est que d’apparence. En réalité j’ai 125 printemps. L’auriez-vous devinez ?
Date de naissance : un certain 9 septembre d’une certaine année de la fin du XVème siècle. (oui c’est précis, mais j’ai un peu tendance à l’oublier)

Sexe : Je suis un homme. Si si je t’assure. Tu veux voir ?
Race : Vampire

Orientation sexuelle : En voilà une question bien polissonne. Les femmes sont ma grande passion, mais après tant d’années sur cette terre, j’ai ouvert mon esprit. Et oui, je ne m’en cache pas, les hommes sont aussi une de mes lubie. Mais à ça, je vous répondrais, non sans cacher l’insolence de mon ton, qu’importe le sexe de la personne tant que le plaisir mutuel y est ?


~ Piraterie ~

Nom de pirate : L’Aigle des mers (mais je suis aussi connu sur d’autre rafiot, dont j’ai foulé le pont, sous le pseudonyme de Mouche. Si vous en avez vent, ne taché pas de la répéter devant moi, il pourrait vous arriver un…. regrettable… accident. )
Nom du bateau : The Headless Elizabeth
Poste sur le bateau : Bosco (quartier maitre ou maitre d’équipage. Après tout, c’est pareil on ne va pas chipoter pour si peu)
Depuis combien de temps : 8 ans



~ Apparence ~

Physique : Ce n’est pas lui qui ne passera pas inaperçue du haut de son mètre soixante-treize. En effet, pour un homme c’est une taille plutôt moyenne. Mais bon, lorsque l’on a souvent des chasseurs aux trousses, mieux vaut na pas trop attirer l’attention.
Or, bien que sa hauteur le rende plutôt discret, son fascié semblerait vouloir faire exception à la règle. Non pas qu’il soit d’une forme tellement singulière qu’on ne remarque que lui. Au contraire. Ses traits léger, semblant être épargnés par l’âge, dessine un visage de forme ovale sur lequel ses lèvres fines esquissent un sourire narquois. Ce sourire qui vous nargue, semblant être figé dans l’impassibilité de cette figure, est surmonté par un petit nez légèrement courbé. Bien évidemment, ce n’est pas ce portrait banal d’un homme au paraitre banal qui fait qu’on le remarque. Non, ce sont ses yeux. Des yeux fins, hautains, mauvais. Un regard qui vous fixe tel un serpent prêt à bondir sur sa proie. Des yeux marron acajoux, qui parfois pourrais sembler rouge comme l’enfer. Un abyme profond dans lequel ils vous plongent si vous avez le malheur de les croiser. Encadrant ce portrait, ses cheveux noirs aux reflets violet passé, porté mi long, lui tombent devant les yeux cachant de temps à autre ces rubis à la face du monde. La seule véritable longueur résidant sur son crâne, est sans conteste son catogan, cascadant de sa nuque jusqu’au creux de ses reins. Et c’est certainement une des rares choses qu’il affirmerait aimer chez lui. Ses cheveux, et surtout cette queue. Et ce n’est pas demain la veille qu’il la coupera ou qu’on le forcera à le faire, même si on pourra en venir à le ligoter avec !
Bien sûr que non, il n’est pas narcissique, il déteste ces gens-là d’ailleurs. Mais tout un chacun à une fierté dans son physique, lui ce sont ses cheveux.
On peut l’avouer qu’Areigan a les moyens de l’être, son teint hâlé naturellement lui donnant un air d’étranger. Certain y verrait même du sang du couleur, et ils pourraient ne pas avoir tort. Car en effet, à l’époque où il pouvait s’exposer longuement au soleil, sans craindre de finir en tas de cendre, il lui arrivait de devenir quasiment noir. Chose qui lui causait quelques petits désagréments.
Enfin, il parait que le bronzage naturel fait craquer les filles, ou bien sont-elles jalouse ? Allé savoir. Quoi qu’il en soit, notre vampire fait fondre les femmes de sa silhouette athlétique et son corps bien bâtit. Quoi qu’on lui reprocherait parfois d’avoir de grandes mains. Mais à ça il répondra :
- « C’est pour mieux satisfaire ses dames. Une grande poigne ferme vaut mieux que deux pognes hardies ! »

Style vestimentaire : Bien qu’il soit pirate, Areigan apprécies avoir une mise élégante. Après tout, ce n’est pas parce qu’on est un hors la loi des mers qu’il faut ressembler à un pouilleux. Ainsi, il sera souvent vêtu d’une chemise blanche stylisé, par exemple nervuré de part et d’autre du boutonnage, aux manches bouffantes froncées aux emmanchures et aux poignets. Le tout agrémenté d’un col et de poignets à plis plat. Autour du cou, il arborera un foulard de soie, qui sera changé de temps à autre, masquant une cicatrice. Souvenir douloureux d’une folle nuit qui marqua sa vie nouvelle. Pour le bas, restons simple. Une culotte noir rentrée dans des bottes en cuir de même couleur au large bord retourné.
Il a bien aussi un rêve. Pouvoir un jour porter le manteau de commodore, dont il lorgne avec envie ce tissu noble orné de dorure. Un beau manteau qui s’accordera à merveille avec son vieux tricorne. Mais selon le capitaine, cela est bien trop voyant, alors ça reste une envie…

Signe particulier : Rien de bien extravagant, mis à part un anneau d’or ornant son oreille droite ainsi qu’une cicatrice lui barrant l’échine. Mais il y a autre chose qui le définit. Pensez-vous, ce n’est pas pour rien que Mouche n’est qu’un surnom taquin, tandis que l’Aigle des mers est le nom de pirate qui lui colle à la peau. En effet, Areigan est un maitre fauconnier. Ainsi, vous apercevrez parfois dans son sillage l’ombre d’un aigle royal.



~ Psychologie ~

Caractère : D’une nature impassible, Areigan demeure une personne assez mystérieuse. En effet, d’humeur très lunatique il est champion pour passer du rire aux larmes en quelques instants. Tantôt aussi froid que la glace, hautain et d’une méchanceté sans pareil, aussitôt bien plus calme et serein qu’un moine bouddhiste. Ainsi, il assez difficile à cerner.
Intelligent, il sait se montrer calculateur, mais également manipulateur, de façon assez vicieuse, des fois pour préparer des vengeances bien mérité. Mais ce n’est qu’un détail. Le but étant de mieux cerner les gens pour mieux se servir d’eux.
Toujours odieux, il ne mâche pas ses mots lorsqu’il parle. Parfois on se demande si c’est du lard ou du cochon, mais lorsqu’on le connait bien, on sait qu’il est direct avec les gens. S’il y a bien une chose que l’homme déteste, c’est tourner autour du pot et faire des courbettes à n’en plus finir pour ne pas froisser la personne. Non, sachez qu’il est rare qu’il sorte une vérité pour plaisanter. S’il a quelque chose contre quelqu’un, il ne se gênera pas pour le dire soyez en sûr. Bien évidemment, sa franchise lui a valu certain ennuis, mais il préfère dire les choses en face plutôt que de casser du sucre dans le dos des gens.
Il ne faut pas prendre cela comme un acte de loyauté. Oui, Areigan est loyal, mais lorsqu’il balance quelque chose à quelqu’un, ce n’est pas pour que ce quelqu’un se sente mieux dans sa peau. Au contraire. C’est purement gratuit dans le seul but de mettre la personne visé à genou.
Il n’est certainement pas un homme en qui il faut avoir confiance. Jamais… Sa nature est mauvaise, ses intentions pernicieuse, son esprit sadique… Ca l’amuse et il ne cache pas qu’il aime ça.
Existe-t-il un fond de gentillesse sous ce cœur de glace ? Bien sûr que oui. La gentillesse c’est pour les faibles et les naïfs. Etre trop gentil ne sert à rien, on se fait bouffer par les autres. Et ça, le vampire en a déjà fait les frais.

En effet, il n’a pas toujours été ainsi. Autrefois il était un garçon gentil, capable de sourire aux personnes qu’il appréciait, de rire et de partager leur joie. Mais qui souffrait en silence de sa solitude, de la perte d’un être cher, de l’absence de son père. Et qui faisait ressortir cela dans ses hostilités envers sa belle-mère, qui le lui rendait bien d’ailleurs. Mais au fond, il avait toujours eu une part de méchanceté.
Il était un homme qui ne voyait son bonheur que dans la malveillance envers ceux qui lui faisait du tort, mais également dans la mort et qu’il accueillait à bras ouvert.

Or maintenant, tout ça c’était finit. Lorsqu’il rit c’est pour se moquer, lorsqu’il sourit c’est qu’une idée sulfureuse lui traverse l’esprit.
Cette ancien Areigan est mort sur les plaines verdoyantes de l’Irlande et enterré sur les pavés froid de l’Angleterre.
Si un soir après avoir un peu trop bu il vous prend de lui demander si, en sa qualité de moucheur, il se souvient de la première personne qu’il ait tué, il vous répondra :
- « Oui, moi. »



Aime : L’homme aime un bon nombre de chose. Parmi elle, les femmes, la bonne boisson, le jeu… Tous les petits plaisirs de la vie diront-on. Mais les deux choses qu’il aime le plus sont les armes à distances, aussi bien arme de tir qu’arme de lancer, et également les oiseaux de proies. Il est capable de rester des heures sur le pont à observer leur chasse ou la beauté de leur vole.
Aime pas : Il détestes qu’on lui donne des ordres, c’est sans doute pour cela qu’il est Bosco sur le Headless Elizabeth. Il n’aime pas le contact, surtout physique, les accolades, les tapes dans le dos… Tout cela l’exècre. Etre trop proche avec les gens oblige souvent à être gentil, et ça il en a horreur.
Mais s’il y a bien deux choses qu’il ne portera jamais dans son cœur, c’est bien les vampires et les hommes d’églises. Il les hait tellement que se cruauté envers eux ne trouvera aucune limite.
Loisirs : Areigan aime à ses temps perdu s’exercer au tir quel que soit l’arme, le temps… Il cherche toujours à apprendre de nouvelle chose dans ce domaine, mais aussi et surtout à ce perfectionner.
En tant que maitre fauconnier, il passe beaucoup de temps à observer ces oiseaux de proie dans leur milieu naturel, dès qu’il en aperçoit un, mais également à s’occuper de son propre animal.
Comme beaucoup, il a un vice caché, c’est le rebec. Ancêtre du violon, il conserve précieusement l’instrument de sa mère dans ses quartiers et en joue à l’occasion. On pourrait lui dire de vivre avec son temps, mais les vieux instruments, y a que ça de vrai !
Talents : S’il affectionne les armes à distance, ce n’est pas pour rien. En effet Areigan est un excellent moucheur. Un peu comme le Robin des bois de son temps, il est rare qu’il manque sa cible. C’est bien pour cela que le premier bateau, sur lequel il a usé ses fonds culotte, les hommes l’ont surnommé Mouche, parce que lorsqu’il tirait, il faisait toujours mouche.
Pour un véritable talent qu’il vend à qui aura besoin de lui, il est sûr que ses vantardises sont fondées.



~ Sociabilité ~

Famille : Cela fait bien longtemps qu’il a enterré sa famille, étant donné son âge. Après, s’il y a de la descendance dans la famille Reith ou Callunh, il n’en sait fichtrement rien et il s’en moque. De toute manière il est censé être mort.
Amis : Le concept de l’amitié est quelque chose qui aurait tendance à lui échapper. Mais vu son caractère, avec qui pourrait-il l’être ?
Collègues : Les grouillots et autres subordonnés du Headless Elizabeth. Bien évidemment, ils ne sont et resterons que ça. Des collègues.
Ennemis : LUI. Ce vampire dont il ignore le nom et dont personne n’a jamais eu le cran de révéler jusqu’alors. Ce monstre qui a tué sa mère et marqué l’échine du garçon d’un balafre signifiant qu’il lui appartient. Un jour, il aura sa peau.
Il y a bien sûr les chasseurs. Ces chers amateurs collant comme la peste qu’il conduirait bien vers la voie d’extinction.
Sérène… Ah Sérène… Amie, ennemie, amour… Il ne sait où la placer. Elle est la vampire qui la fait et qui a été victime de la même créature que lui. Si un jour il venait à la retrouver, il ne serait dire encore ce qu’il lui ferait.
Amour : Mot dont il a oublié la signification et l’existence il y a bien longtemps. A ça, il répondra : « Quel est donc ce met délicieux ? »




~ Hors Rpg ~

Toi : ton nom/surnom : Liam
Depuis combien de temps fais-tu du RPG : oula 6 ans
Ton niveau : 1000 à 2000 mots facile. Mais au-delà des chiffres je pourrais dire, un bon niveau.
Ta disponibilité pour le forum : Warum chewingum j’y passe ma vie. Cte question, je passe de temps à autre, flood, rp, normal diront-on.
Comment as-tu connu Myrajh ? : Par mon capitaine ô capitaine !



[justify]


Dernière édition par Areigan A. Reith le Lun 28 Nov - 23:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Areigan Azel Reith [Finit]   Sam 26 Nov - 4:51

~ Histoire ~

Butterfly

Night




Le corps en sueur collant au drap moite, le garçon n’en finissait pas de se retourner dans son lit dont plus une parcelle n’était sèche. Sous ses paupières closes, ses yeux n’avaient de cessent de bouger, agité par un sommeil profond et prenant. Un rêve ? Ou peut-être un cauchemar ? Non, un souvenir. Un souvenir qui revenait de plus en plus souvent, hantant ses jours comme ses nuits, depuis sa plus tendre enfance.

Sur les côtes Irlandaise, le quotidien d’une petite famille était rythmé par la vie de la plantation. Tous les jours, les propriétaires donnaient du cœur à l’ouvrage avec leurs gens, aidé par les petites mains de leur jeune fils. La femme était belle et tendre, le mari aimant et conciliant, l’enfant et les domestiques comblés.

Cela aurait pu être un beau souvenir, un beau rêve. Il se retourna sur le côté, ses muscles tendus, la cicatrice lui barrant le dos de l’épaule jusqu’à la hanche le faisait souffrir.

La nuit était déjà tombée depuis bien longtemps, mais c’est à ces heures encore chaude de l’été que la jeune femme aimait sortir avec son fils pour lui faire découvrir les merveilles de la ville presque endormie. Sauf peut-être pour ces papillons de nuit qui ne trouvait amusement et réconfort qu’une fois le soleil couché.
Ce soir-là, ce fut dans une vieille église du gothique rayonnant qu’elle voulait émerveiller son enfant. Il n’avait eu aucun besoin d’être à l’intérieur pour en apprécier la beauté. Rien qu’à la voir, trônant fièrement sur le parvis telle une araignée en dentelle de pierre, le garçon en demeura bouche bée. Le tympan aux mille et une sculptures contait le jugement dernier dans des figures emblématiques et torturé de la bible. En entrant, tous deux furent éblouis par la magnificence des colonnes et du plafond culminant à trente mètre. L’enfant passa devant les vierges, visage doux et regard bienveillant le corps que très peu pencher sur son fils ou ceux de Dieu. Ses yeux balayèrent les vitraux, mais il fut plus subjugué par le balai de mosaïque de couleur qu’ils représentaient sur les pavés, à la lueur des chandelles et des braseros du dehors.
Derrière eux, la porte s’ouvrit en grinçant sur ses gonds pour aussitôt se refermer. Le son de lourdes bottes claquant sur les dalles résonna en échos dans l’édifice, s’élevant dans les hauteurs du clocher.
Le nouveau venu était un homme. Se mouvant rapidement entre les rangers de bancs alignés face à l’autel, il ne faisait gère attention à la beauté du lieu. Maëlle observait cet inconnu du coin de l’œil, mais un frisson glacé parcouru tout son échine quand elle sentit ce qu’il était. Elle tendit un bras vers son fils et l’appela. Le gamin obéit, la mère le prit part la main pour le mettre à l’abri dans son dos. L’inconnu se campa face à eux et sourit de toutes ses dents, découvrant des canines impressionnantes, comme celles d’un animal.
- « Je t’ai retrouvé salle chienne ! Maintenant ce sera ton tour ! » Lança-t-il d’une voix caverneuse.
La jeune femme repoussa son enfant et lui ordonna d’aller se cacher.
C’est à ce moment que son monde s’écroula. Le monde tel qu’il l’avait toujours connu, le monde tel qu’il l’avait toujours imaginé. Ce monde se montrait à présent sous son véritable jour. Un jour dont il avait toujours pensé qu’il n’existait que dans les livres. Le monstre qu’il croyait savoir vivre sous son lit n’était qu’un animal de compagnie comparé à la scène qui se déroulait sous ses yeux. Dissimuler derrière un banc, il demeura spectateur d’un combat de feu et d’animalité. Elle manipulait les flammes comme si elle dansait avec, sa chevelure rousse virevoltant autour de son visage. Mais le garçon savait sa mère malade et il la voyait faiblir à chaque assaut de griffes et de coups de l’homme. A un moment, il parvint à percer sa défense et l’agrippa par le cou. L’enfant sortit de sa cachette et bondit sur l’homme en hurlant comme un dément. La surprise le fit lâcher prise et Maëlle en profita. Dans un ultime coup, elle créa un feu pur : du feu bleu. La flamme frappa l’homme en plein visage qui hurla comme une bête blessé.
En cet instant, tout devint flou, tout devint noir, tout devint rouge. Ce ne fut plus que cris, peur et douleur. Le garçon c’était sentit soulevé de terre et projeté à grand fracas dans les bancs. A présent allongé sur le sol, son corps n’était plus que souffrance. Il pouvait sentir un liquide chaud et visqueux couler dans son dos, imprégnant ses habits déchirés. Sa vision était trouble. Tout ce qu’il voyait fut une tache noire penché sur une tache verte. Tout ce qu’il pouvait entendre était des bruits de déchirures, de succussion et des cris. Des cris qui lui glaçaient le sang. Alors que sa vue devenait plus clair, la scène qui s’offrit à son regard d’enfant brisait son innocence et tout son être.


Le garçon se retourna son esprit en proie au pire tourment. Il ne cessait de hurler qu’il voulait se réveiller. Se réveiller pour ne pas revivre ce qui s’en suivait. Mais il ne se réveillait pas.
- *Réveille-toi…*

La créature était allongée sur sa mère, ses vêtements en lambeaux découvrant sa nudité. La jeune femme se débattait et hurlait comme un diable, tandis qu’il la ravageait encore et encore, ses mains ignobles parcourant sa personne, lui palpant les seins, lui éraflant la peau. Ses crocs étaient profondément enfoncés dans sa gorge qui se déchirait à chaque mouvement désespéré de la malheureuse. Puis les cris se perdirent en d’horrible gargouillis. Ses yeux mauves se voilèrent et son corps ne fur plus agité que par les vas et viens sauvages et brutales de la bête. Il attendit d’avoir jouit avant de se retirer, contemplant son œuvre satisfait.
Le gamin avait une main tendue vers sa mère, ses doigts touchant presque les siens. Son visage était tordu en une expression de peur sans nom, les joues inondées de larmes, la bouche ouverte dans un hurlement muet.
- « Ca n’aurait pas dut se passer de la sorte. Maugréât l’homme. Tu aurais dut mourir en premier, petite vermine. Mais ça ne fait rien… »
Il tourna la tête de la jeune femme vers lui et lui ouvrit grand les yeux.
- « … Tu ne vas pas tarder à la rejoindre. »
Ces mots avaient été prononcés avec tant de détachements et de désinvoltures, qu’il fut satisfait de l’effet que cela produisit sur son dessert.

- *Réveille-toi !*

Mais alors qu’il se penchait sur lui, la porte de l’église s’ouvrit à la volée, les battants frappant lourdement contre les piliers répercuta à grand fracas dans l’édifice, l’entrée de dix marins.
Alerté par les cris que tout le monde semblait ignorer, les hommes ne s’étaient pas démontés pour aller voir ce qu’il se tramait par là. Le premier de la file lança un doigt accusateur vers l’homme qu’il apercevait penché sur un enfant.
- « Hey vous ! »
D’un geste sec il attrapa un haut chandelier, dont les bougies avait été soufflé par leur arrivé, et ils se dirigèrent vers l’homme d’un pas décidé. Celui-ci fut forcé de lâcher sa proie et s’enfuit par la porte menant à la loge des prêtres. Les marins le poursuivirent mais il avait déjà disparu par la fenêtre brisée. Un homme avait pris l’enfant dans ses bras et l’éloignait de la scène tandis que deux autres couvraient le corps. Malgré la profondeur de sa blessure, il trouvait le moyen de se débattre pour tenter de se dégager des bras du marin et retrouver sa mère qu’il appelait à s’en déchirer les cordes vocales.

- *Réveille-toi !*


- « MEEEEEERE !! »
Le garçon se redressa d’un coup comme un diable sortit de sa boite. Mais il regretta bien vite ce geste, car la cicatrice de son dos le rappela à l’ordre, si bien qu’il crut que sa peau allait craquer. Plié en deux, il respirait pareil à un poisson hors de l’eau, comme s’il avait fait une syncope durant son sommeil. Ses doigts massèrent sa gorge endoloris. Il avait dut crier d’un bout à l’autre du cauchemar. Cette fois-ci, il n’eut pas un seul regard pour la porte de sa chambre. Cela faisait un peu plus d’un an qu’il ne la regardait plus chaque fois qu’il faisait un mauvais rêve. Longtemps il l’avait supplié, tout le temps elle demeurait muette et immobile. Il détestait cette porte et celui et qui devrait se tenir derrière.
La suite de ce rude souvenir, il la connaissait par cœur. Personne n’avait cru un enfant de sept ans terrorisé et lourdement marqué par la mort de sa mère. Même face aux déclarations des marins la justice était restée sourde. Alors son père décida de partir, ou plutôt de fuir. Il vendit tout. La propriété, la plantation, la production de lin, il affranchit esclaves et domestiques. Avec l’argent de la vente, ils partirent loin, pour l’Angleterre. Il se souvenait encore du visage de sa cousine alors qu’il quittait la maison sur le chemin terreux et chaotique. Sa cousine… De la branche maternelle, une véritable peste, une chipie arrogante et insupportable, mais aussi la petite sœur qu’il n’aura jamais eue. Après deux ans de vie dans une masure exiguë, son père c’était remarié avec une femme de la bourgeoisie londonienne. Du moins c’était plutôt elle qui c’était remarié. L’homme s’était seulement laissé séduire et l’avait regardé le déposséder de tous sens moyens sans rien faire. Depuis, lui et l’enfant était obligé de vivre au crochet de cette famille qui ne l’acceptait pas. Et un jour, la cerise sur la gâteau, fut l’arrivé des enfants. Il y eu d’abord une fille, puis deux jumeaux l’année suivante. Le garçon les détestait et ils le lui rendaient bien.

Mais pour l’heure, ses draps humides n’avaient plus rien d’accueillant, comme la perspective de se rendormir. La pluie battait fort sur les tuiles et son dos le brulait. C’était comme ça chaque jour de mauvais temps. Cette maudite cicatrice lui rappelant inlassablement ce souvenir qui hante ses nuits. Essuyant le filet de sang qui perlait au coin de ses lèvres, son regard se perdit par la fenêtre, observant le contrebas à travers le ruissèlement de l’eau sur la vitre. Le flot dévalait la rue, la nettoyant de ses maux. Allait-elle s’arrêter ? La seule pensée de devoir rester enfermer ne lui plaisait guère. Mais alors qu’à une heure où le soleil n’était pas encore levé et le temps impropice à la sortie, il discerna de l’autre côté du carreau, déformé par l’onde, une tâche rouge dessinant faiblement une silhouette. Piqué par la curiosité, il ouvrit la fenêtre. Une bourrasque chassa la pluie, faisant pénétrer l’eau dans la pièce et mouillant l’insomniaque. Secouant la tête, l’homme cherchait cette silhouette pourpre du regard et finit par la trouver. Au moment où ses yeux se posèrent sur elle, une drôle de chanson fut susurré à son oreille comme s’il ne n’était pas seul dans la pièce.
- « Les petits enfants, je vais vous emmenez, dans le jardin des enchantements. Oui les petits enfants, suivez-moi venez, dans le pays où règne la magie.»
Intrigué le garçon se retourna, mais il n’y avait personne. La chambre était sombre et vide, il n’y avait personne. Reportant son attention sur l’inconnue, il remarque que son visage était tourné vers lui, ses yeux violets planté dans les siens. La voix se fit de nouveau entendre alors que lentement elle tendait son bras vers lui, doigt tendu comme pour lancer une accusation.
- « Viens ! »
Il n’eut que le temps de cligner des yeux, car telle une apparition, elle avait disparue. Refermant la fenêtre, il se dit qu’il avait surement dû rêver éveillé. Mais en attendant que le soleil se lève, il allait se délassé dans un bon bain.

A peine descendu pour le petit déjeuner, il tomba nez à nez avec la dame de ces lieux, la sublime Vanessa. Quoi de mieux au réveil ? Et d’ailleurs, la beauté n’était que la seule chose qu’elle pouvait avoir d’appréciable, même en tenue déshabillé et ses anglaises blondes en désordre sur ses épaules.
- « Vous seriez vous battu avec l’oreiller, où êtes-vous seulement fâché avec la brosse ce matin ? » Lâcha le garçon d’un ton maussade histoire d’entamer les hostilités le premier.
- « Gardez vos persiflage pour plus tard Areigan Azel Callunh ! » Siffla-t-elle. « Ma suivante ne s’est pas réveillé. »
Le garçon réprima un gloussement, décidément, elle était vraiment en colère et il ne lui en fallait pas beaucoup. C’était comme ça tous les jours, une vie empli de joute verbale avec sa marâtre.
La matinée débutant sur une note joyeuse, le reste de la journée en fut des plus moroses. Ignorance au diner, regard assassin pour le thé…
L’homme jugea préférable de demeurer dans sa chambre, le reste du temps où il ne devait pas paraître à table, ou autre part en leur compagnie.
Ce soir-là, il signala aux domestiques de ne pas compter son couvert à table et partit en claquant la porte. Il ne savait pas vraiment ce qu’il allait chercher. Changer d’air après être resté enfermé à cause du temps bien sûr, mais aussi pour quêter la source de son rêve éveillé… peut-être.

Dehors, la pluie avait cédé la place à la brume et il régnait dans l’air une humidité froide. Les diligences qui passaient étaient comme des fantômes dans la nuit, les cochers recroquevillés dans leur manteau, le teint pâle et transit. L’hiver semblait être particulièrement rude cette année. Une brise particulièrement vicieuse le grisa, le forçant à adopter l’attitude des hommes qu’il venait de croiser. Maudit pays…
Tournant les talons, il s’engagea dans une ruelle, délaissant les beaux quartiers pour les coins plus malfamés, où les papillons de nuits illuminent les soirées.

Il n’aurait su dire ce qui lui passa par la tête pour emprunter cette rue sombre, dépourvue d’éclairage, où même les rayons blafard de la lune ne se dardaient pas. Cet endroit était un véritable coupe gorge, mais il ne semblait pas craindre de se faire attaquer. Grossière erreur.
Pauvre âme perdu dans ses pensées, l’homme ne se doutait pas qu’à quelques pas de là, il allait tomber dans un gué tapant. Peut-être paraissait-il riche à leurs yeux, mais ils allaient être bien vite déçus. Roulant sur lui-même, un homme sortit de derrière le mur. Néanmoins, ce fut plus la lanterne qu’il tenait qu’Areigan vit en premier. D’un geste vif, il la lui jeta au visage. Les yeux écarquillés, il fit un écart sur le côté, suivant du regard la flamme prisonnière de sa cage de verre, qui avait bien manquée le défigurer. Dans sa suite, il fut cueillit en pleine poitrine par une rame qu’il n’avait pas vu arrivée. Le souffle coupé, le jeune homme grogna en se pliant en deux, le gout du sang déjà présnet dans la gorge. La pagaie siffla dans l’air, prête à assener un second coup. Il leva le bras et attrapa le manche in extremis, à quelques centimètres de sa tempe. Celui-là, il était mal tombé, car il savait se défendre avec ses poings. Grognant d’une rage montante, Areigan tira un grand coup l’arme vers lui, le poing levé… qui n’atteignit jamais sa cible, car un autre vint se loger au creux de ses côtes. Deux autres protagonistes firent leur apparition, sortant de la brume comme les grands méchants des histoires pour enfants. Bien vite, il se retrouva encerclé. Le premier homme profita du coup porté par son acolyte pour récupérer sa rame et lui flanquer en pleine mâchoire. Un filet de sang et de bave coula de ses lèvres. Le regard rivé au sol, le brun voyant des étoiles. Secouant la tête pour se reprendre, il cracha et se redressa en se tenant le côté. Il pouvait déjà sentir que ses jambes ne le tiendrait pas longtemps. Foutu maladie…
- « Qu’est-ce que vous voulez à la fin ?! » Vomi-t-il à l’attention de ses assaillants.
Un troisième bandit rit à sa question avant de lui répondre.
- « Ca me parait simple non ? Qu’est-ce que des types comme nous veulent d’un richard comme toi, hein ? »
L’homme gloussa, grimaçant à chaque tressautement de sa cage thoracique. Il devait avoir une ou deux côte abimés.
- « Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Et je ne me nomme pas Richard, désolé. Votre faible intelligence à dû vous faire trompez de personne. » Se moqua-t-il ouvertement.
Les lèvres du lanceur de lanterne se tordirent en un rictus irrité, ses mains se resserrant autour de la rame à s’en blanchir les jointures. La moutarde lui montait visiblement eu nez !
Manifestement, il n’avait pas le sens de l’humour car il se précipita sur son adversaire la rame levée au-dessus de sa tête, hurlant comme un guerrier fou se jetant à corps perdu dans une armée de cavalier. Il l’avait vraiment énervé. L’assaillit pencha la tête sur le côté et para le coup de son avant-bras. Il y eu de la douleur, et un « crac ! » peu encourageant, dont il ne saurait dire si c’était une protestation du bois ou de son os. D’un geste vif, il se reprit et enroulant son membre autour du manche il tira, le poing serré. Son assaillant laissa échapper un jappement de surprise, il n’eut pas le temps de réagir qu’il fut cueillit au creux de l’estomac.
L’homme ne sut dire ce qu’il se passa ensuite. Tout s’enchaina avec une grande rapidité. La seule chose qu’il savait, fut qu’il ne s’était pas laissé faire. Mais à six armé contre un avec ses poings, à moins d’être un surhomme, il n’avait pas la moindre chance. Etalé par terre, il ne pouvait plus esquisser un seul mouvement tandis qu’un homme lui faisait les poches, mais parut déçu de ne rien trouver. Ce n’était pas faute de les avoirs prévenu. Mais ils trouvèrent tout de même consolation en le délestant de certain vêtement. Le type à la rame vint se camper devant lui et, posant ses mains sur sa taille, il se pencha sur un corps inerte.
- « Balance ta réplique et fou moins le camp, espèce d’empêcheur de tranquillité ! » Grogna Areigan, ne pouvant s’empêcher de faire le malin, bien qu’il ne soit pas en position.
- « Hohoho ! Tu trouves encore le moyen de répliquer dans l’état ou t’es. T’as du courage. »
Ses yeux pétillants tombèrent sur le torse du garçon, le regard attiré par quelque chose quoi pointait sous le vêtement. Il plongea sa main, et avant que sa victime ait pu faire quoi que ce soit, il en sortit une magnifique bague. Elle était en argent fuselé, entrelacé en motif compliqué, monté d’un petit saphir d’une couleur extraordinaire.
- « T’as mal cherché abrutit ! » Cracha-t-il à l’attention de son acolyte les yeux ronds comme des soucoupes.
Le garçon lui attrapa le bras, serrant son poignet aussi fort qu’il le put encore, il trouva la force de se redresser.
- « N’y pense même pas espèce de vieil charogne ! » Cracha-t-il.
- « Couché le chat de gouttière. » Railla l’homme en lui flanquant un coup de poing en pleine mâchoire.
Il referma sa main sur la chaine qui retenait son butin au cou de sa victime et tira d’un coup sec.
- « Je crois qu’il a eu son compte Rob. La nuit se chargera de lui. » Lança un complice d’une voix grasse à l’intention du meneur.
Les hommes finirent par se dérober à sa vue brouiller, disparaissant dans la nuit en lançant des rires démoniaques.
Il ne sut dire combien de temps il était resté allongé là, sur les dalles qui lui glaçaient le corps et le sang. La nuit était loin d’être finit et une chose était sûr, il n’allait pas faire de vieux os ici. Crever dans le caniveau, en sachant que le bien le plus précieux de sa mère allait être vendu à on ne savait qui, était une perspective qui ne l’enchantait guère. Rassemblant ses dernières forces et maudissant son mal handicapant, il se leva en s’aidant du mur et grimaça sous la douleur. Lorsque la plante de ses pieds touchèrent le sol, il fut transit jusqu’au sommet du crâne. Mais s’efforçant à faire fi du froid qui l’assaillait de toute part, dans la brume et dans le vent, il respira un grand coup et ne garda en tête que l’idée d’avancer pour trouver une auberge chaude et confortable.

Ce fut comme s’il avait dormi tout au long du trajet car, quand son esprit redevint un tant soit peu lucide, il se retrouva en train de pousser la porte du « Terrier », une taverne dont il était habitué. Il se traina jusqu’au bar et se posta en haut d’un tabouret attendant l’aubergiste. Il fallait dire qu’il n’était pas vraiment pressé. L’endroit était convivial et chaleureux. Des buveurs jouaient assez bruyamment aux cartes devant la cheminée, d’autre animait leur tablée de conversation sautant du cop à l’âne, et sur le balcon, les catins enchantaient la soirée. Willy, un grand rouquin barbu à l’accent typiquement écossais et propriétaire de ce lieu, remarqua la présence de son infortuné client et s’approcha de lui un verre à la main.
- « Tiens dont ! Lança-t-il d’une voix enjouée. Ne serais-ce pas ce cher Callunh ? T’as une sale tête ce soir dit moi. Une fille t’as un peu trop travaillé au corps ? »
L’homme leva ses yeux rubis vers lui et jetant un regard assassin, il rétorqua d’un ton morne mais sec :
- « Nan, juste une bande de voyous à la main lourde. Sers moi ce que t’as de plus fort et donne-moi une chambre au lieu dme chauffer les esgourdes. Je resterais pas ce soir. »
L’écossais haussant les sourcils et ouvrit des yeux ronds avant de se reprendre.
- « Pas de problème mon gars ! » Envoya-t-il en regardant son commis.
Quelques minutes plus tard, l’adolescent revint avec un verre d’absinthe qu’il déposa sur le comptoir ainsi que la clef d’une chambre.
- « Allé cul sec ! Conseilla l’aubergiste observant son client d’un œil avisé. Et compte sur moi l’ami je vais t’envoyer un meilleurs remontant. » Acheva-t-il en lui donna une tape sur l’épaule.
Areigan s’envoya le verre cul sec en grimaçant. Attrapant la clef, il fit un geste de la main à l’homme qui en dit long sur sa pensée et se délogea du tabouret avant d’entreprendre la pénible montée des escaliers. Il n’était jamais monté à l’étage, il n’en avait pas de raison, mais l’homme comprenait maintenant pourquoi on l’appelait le balcon rouge. Les filles de joies, vautrés sur les hommes, exposaient leurs atours aux yeux ébahis tout en rigolant bêtement à cause des vapeurs d’alcool. Le brun marqua un temps d’arrêt en les voyants. L’une d’elle lui lança un sourire coquin en lui tendant son verre. Il devinait bien ce qu’elle avait en tête, mais pour l’heure, il n’était pas en état. Glissant la clef dans la serrure, il poussa la porte, qui grinça en pivotant sur ses gonds, s’ouvrant sur une chambre accueillante. Parquet craquant, lourd rideau de velours pourpre tiré, le lit fait, le lieu propre. L’homme s’arrêta un instant sur l’aspect de la pièce, les meubles étaient massifs et bien tenus et les poutres apparentes garnissaient le plafond. Bien qu’il fût un habitué du Terrier, il n’avait jamais eu l’occasion de mettre les pieds dans les chambres, car les filles il préférait les ramener. Histoire de faire crier cette furie qu’était Vanessa. Rompu, il se laissa tomber dans les oreillers. Geste qu’il regretta bien vite sous la douleur de ses côtes. Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir, on salua quelqu’un puis, sa porte s’ouvrit. Allons il n’avait pas été clair avec Willy ? Le garçon se retourna alors que le panneau de bois se refermait dans un sinistre grincement. Areigan l’aurait bien renvoyé, mais il n’osa rien dire. Il était subjugué par le regard de cette jeune inconnue, qui c’était retourné vers lui, en faisant voler ses boucles brunes, comme dans un rêve. D’un violet profond, en amande, agrémenté d’un grain de beauté sous l’œil droit, qui l’ornait comme un bijou. Si pénétrant qu’il avait l’impression qu’elle lisait en lui comme dans un livre ouvert. Sa peau était d’une blancheur presque pure, et son parfum emplissait l’air d’une subtile odeur de vanille épicé. Une senteur exotique. Le garçon ne sembla pas vouloir y croire. Ce papillon de nuit était la femme à la robe pourpre de ses rêves.

Sérène… Ce nom avait résonné à ses oreilles comme un chant de sirène. Doux et envoutant, il ne c’était pas fait prié lorsqu’elle c’était approché de lui d’une démarche féline, dans son déshabillé de velours rouge. Ses doigts fins avaient la caresse d’une plume, sa peau douce tel de la soie était glacial comme la mort. L’homme commençait à oublier ses maux alors qu’ils partageaient l’intimité de leur corps. Sa conscience n’avait pas su dire non. Mais alors qu’elle possédait son être, la jeune femme se tenait prête à consumer son âme. Dans cette folle nuit son instinct de chasseur se réveillait et appelait au sang. Après tout, c’est bien pour ça qu’il était là. Alors que ses lèvres carmin glissaient dans le cou de son amant d’un soir, elle ne put plus se retenir. Elle pouvait le sentir, qu’il l’appelait de toute sa personne… la mort. Qu’il l’accueillait en son sein comme une vieille amie. Sa proie ne tarderait pas à être exaucé, elle pouvait le satisfaire. Elle ne tint plus… Ses crocs acérés plongèrent dans cette chair si tendre, arrachant un gémissement de surprise et de douleur à sa conquête d’un soir. Mais étrangement, à l’inverse de toutes ses autres victimes, il ne se débâtit même pas, ne tenta aucune brutalité envers la jeune femme. Au contraire, son corps se détendait comme s’il y prenait plaisir et donna même plus de cœur à l’ouvrage.
Alors qu’elle n’allait pas tarder à lui ôter sa dernière parcelle de vie, elle put sentir dans le dos de l’homme une longue cicatrice. Marque que son touché semblait avoir jusque-là ignoré, elle lui barrait l’échine, semblable à la sienne. Ce mal gravé comme on marque une bête, elle pourrait le reconnaître entre tous. C’était son estampille. Tous deux avaient été victime de la même créature. En cet instant, une envie folle lui traversa l’esprit. Elle ne voulait plus vivre cette solitude qui l’étreignait un peu plus chaque jour. Cette époque n’était pas la sienne et elle avait besoin de la comprendre. Mais également quelqu’un qui la comprenne, elle. Ota ses crocs de sa gorge sanguinolente, Sérène le soutint pour ne pas qu’il s’écroule. Avec son ongle, elle griffa sa peau jusqu’au sang et y porta les lèvres bleus du garçon.

La douleur fut atroce, intarissable, son corps ne fut rien d’autre que des maux. Puis elle finit par se taire. Lentement un voile noir se leva sur sa conscience accompagné d’une vague glacé.

***

Il lui sembla qu’il était mort. L’air ne pénétrait plus ses poumons, son être était sans vie. Mais le réveille fut difficile quand elle revint en lui comme un coup de poignard. Areigan se redressa d’un coup, respirant comme un noyé. Il avait du mal à se rappeler de tous les détails de cette nuit, mais une chose était sûr, les douleurs avaient disparues. Tout comme Sérène… Tandis que sa conscience redevenait un plus lucide, il se rendit compte de ce qui se passait autour de lui. Le lit était teinté d’hémoglobine et la pièce portait les traces d’une bagarre. Portant une main à son cou, ses doigts rencontrèrent l’irrégularité du sang séché comme si on lui avait tranché la gorge. Cette pensée le fit frissonner. Il n’en portait aucune trace, à qui pouvait bien-t-il appartenir ?
Entreprenant de se nettoyer et de s’habiller, des bruits de pas vinrent briser sa torpeur. Willy apparut dans l’embrasure de la porte, sa chemise était en sang et ses yeux lançaient des éclairs.
- « Toi ! Cracha-t-il d’une voix emplit de rage, pointant un doigt accusateur dans le dos de son interlocuteur qui remettait sa chemise. Je savais que ça finirait par arriver, qu’elle nous apporterait malheur. Mais que vous soyez deux, ça jamais ! »
Areigan se retourna vers lui sans comprendre, lançant un regard interrogateur.
- « Je ne comprends pas, qu’est ce qu…. »
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que le roux le décolla de terre sans le moindre effort, découvrant des crocs impressionnant et crachant à la façon d’un chat en colère. Le sang d’Areigan se glaça. C’était ces mêmes dents, ce même sourire que dans ses souvenirs.
- « Tu le sais très bien. Je ne veux plus jamais te revoir ici. » Sifflat-t-il.
L’écossais finit par relâcher le garçon qui partit sans demander son reste. Il ne savait pas ce qu’il s’était passé pendant qu’il était inconscient, car l’auberge entière semblait avoir subi l’attaque de bêtes féroces, mais il n’en connaitrait jamais la cause.
Dehors il faisait froid et humide. Il était encore tôt et la brume emplissant les rues dessinait en ombre fantomatique les silhouettes des passants pointant le bout de leur nez. La brise le fit frissonner. En effet, délesté de ses vêtements les plus chauds, Areigan jugea préférable de rentrer directement chez lui, la tête chargé de question qui ne trouverait pas de réponse.



for a life

A death



De retour chez lui, l’homme n’avait qu’une idée en tête, se réchauffer dans un bon bain. L’habitation était calme, pas un bruit. Sans doute étaient-ils tous sortis ? Cette option le réjouit grandement, il n’avait pas envie de croiser sa marâtre si peut vêtu et ressemblant à une souillon. Doucement, il monta les escaliers et se glissa dans sa chambre. La faim lui tiraillait l’estomac, faisant monter à ses oreilles des borborygmes de protestation. Chaque chose en son temps. Pour l’heure, il voulait se laver. Otant sa chemise, il se stoppa net dans ses gestes, se rendant compte qu’il n’était pas seul dans cette pièce sombre. Laissant retomber le vêtement sur le lit il appela.
- « Marie c’est vous ? » Demanda-t-il alors que se yeux cherchait la source de cette présence dans l’obscurité.
Le garçon avait une vue excellente, mais pas au point qu’elle s’adapte à ce point dans le noir. La silhouette qui se dessinait près de l’armoire étant trop petite pour être celle de la domestique. Non, c’était sa jeune demi-sœur. Tirant d’un coup sec sur le rideau pour y voir plus clair, l’identité de l’intrus fut confirmée.
- « Pauline ? Que faites-vous ici ? » Dit-il d’un ton méfiant en récupérant sa chemise.
La gamine sourit en s’approchant de lui d’une démarche aguicheuse. Son regard noisette en disait long sur sa pensée. Une pensée bien trop précoce pour une fillette de son âge. L’homme s’approcha de la porte et lui tint ouverte.
- « Vous feriez mieux de regagner votre chambre, votre mère ne devrait pas tarder à rentrer. » Dit-il d’un ton sec, tout en sachant pertinemment qu’elle ne l’écouterait pas.
Il s’écarta de l’embrasure pour la laissé passer, un peu comme s’il c’était agi de la peste personnifié. Mais une fois face à la sortie, un sourire étrange illumina son visage. Se retournant vers lui, elle se jeta dans ses bras.
- « Je sais que mère va rentrer. Mais j’aime mon grand frère, elle devrait le comprendre. » Dit-elle d’une voix mielleuse.
Areigan n’osa pas bouger sur le coup. Il les savait tous trois jeunes certes, mais ils n’en étaient pas moins très intelligent, surtout lorsqu’il s’agissait de pourrir la vie de ce qui les entourait. Une étrange envie s’empara du garçon. Il pouvait sentir que la gamine était nue sous sa robe de chambre, mais ce n’est pas ça qui le faisait bloquer dans cette situation inconfortable. Tandis que la faim lui tiraillait un peu plus le l’estomac, son regard était irrésistiblement attiré par la veine qu’il voyait palpiter dans son cou. Se mordant la lèvre, il secoua la tête pour reprendre ses esprits. Il attrapa la gamine par les épaules et la décrocha de sa taille pour la repousser.
- « Ecoutez je ne sais pas quel plan vous préparez, mais foutez moi le camp. » Siffla le brun d’une voix froide.
Mais il était déjà trop tard. En bas, il pouvait entre des bruits de bottes et de clefs. Sans crier gare, Pauline se mis à hurler et se jeta à terre, retenant son vêtement qui glissait sur son corps. Areigan n’eut que le temps de remettre sa chemise, que se marâtre était déjà là.
Le ton monta très vite et l’homme en pris pour son grade. Mais il n’écouta pas. Ses yeux étaient rivés sur cette gamine, recroquevillée dans les jupes de sa mère, tournant vers lui un sourire satisfait. Face à de telle accusation il ne pouvait pas se défendre. Sur ce coup, leur plan était parfait. Le père du garçon ne le regardait même pas. Il était présent, mais sa bouche demeurait close, le regard braqué sur le sol. Ainsi donc il partageait son avis ? Il pensait réellement ça de son propre fils ? Mais pensait-il encore ? Non cet homme était mort depuis bien longtemps, tout comme lui.
La question était réglée, il allait partir. C’est certainement ce qu’il aurait dû faire depuis bien longtemps. De cette vie il n’emporta rien. Après tout, qu’avait-il à emmener, mis à part les souvenirs qu’il voulait conserver ? Son bien le plus précieux était partit, mais il lui restait le rebec de sa mère.

Areigan avait souvent pensé quitter tout ça. Cette famille qui n’était pas la sienne. Mais certainement pas de cette façon-là. Surtout qu’il risquait d’être recherché, connaissant Vanessa ça ne faisait pas un doute.
Alors qu’il arpentait les rues sans but, une voix ainsi qu’un nom familier parvint à ses oreilles.
- « Rob, voilà quelqu’un qui vient pas ici ! »
Un léger sourire étira les lèvres du garçon. Son vieil ami, il n’en avait pas fini avec lui. Et ce coup-ci, ils ne bénéficieraient pas de l’effet de surprise ! A l’image d’hier, la rame siffla d’en l’air pour frapper sa victime, mais elle ne toucha rien. Malgré sa faim qui se faisait insistante, il était bien plus vif qu’avant, et il ne voulait pas non plus se retrouver dans la même situation que la veille. Au contraire, elle en fut inversé, car L’homme n’eut même aucun mal à tous les envoyer mordre la poussière, sans aucun effort, sous les regards ahuris de ses assaillants.
Le brun se posta au-dessus du dénommé Rob à la façon dont il l’avait fait.
- « Comment peux-tu te battre comme ça, avec ce qu’on t’as fait subir hier ? » Demanda-t-il un mélange de crainte et de fascination dans la voix.
Un sourire malsain étira les lèvres du garçon alors qu’une idée lui passait par la tête.
- « J’avais juste quelque chose à récupérer. » Dit simplement en récupérant la bague volée accroché autour du cou de l’homme.
- « Et qu’est-ce que tu comptes faire maintenant ? » S’inquiéta Rob.
Le jeune homme se redressa, son sourire s’étirant un peu plus.
- « Ce que tu vas regretter de ne pas avoir fait hier. »
Alors qu’il leva son pied au-dessus de la tête du condamné, un de ses acolytes parvint à se relever et lui fonça dessus une arme à la main.

***

Il pleuvait ce jour-là… Encore… Au cimetière se pressait une petite procession de fantôme tout de noir vêtu. On avait retrouvé le corps dans la journée, abandonné dans un coupe gorge. Son visage était bien trop tuméfié pour permettre une indentification formelle, mais la morphologie, la couleur de peau, les vêtements aux initiales brodés, tout correspondait. Au moins les soldats n’auraient pas besoin de le rechercher, maintenant qu’il était mort. Bien sûr, ce n’était que justice, après ce qu’il avait fait vivre à sa petite sœur. Qui sait combien de fois la chose avait pu être produite avant qu’on ne finisse par le surprendre. Oui ce n’était que justice, c’est bien ce que tous ceux qui s’intéressait à l’affaire pensaient. Car évidemment à cette époque, c’était monnaie courante. Mais à la différence quand ça ne touchait pas les gens de la haute, tout le monde s’en moquait.
Le front bas, les domestiques pleuraient en silence, suivant de loin leur maîtresse et son compagnon. Cet homme qui était plus éteint que jamais et dont les yeux laissèrent échapper des larmes, se mêlant à la pluie lorsque le corps fut mis en terre. Un peu plus loin, une silhouette solitaire observait la scène d’une mine sévère. Il notait chaque détail. Il port haut et fière de la femme, le sourire satisfait des enfants, les larmes que l’homme tentait de masquer et le désespoir des domestiques forcé de taire la vérité sur les accusations portés au défunt.
Mais cette personne pouvait aussi afficher un sourire ravis. Une mort pour une vie, ainsi répété le principe de l’échange équivalent, à présent il pouvait partir.

Le vent soufflait fort dans le port, assaillant les marins par vague de froid, leur mordant les bras et le visage. Or, ils étaient bien trop occuper à charger des caisses à bord pour se soucier du temps. Le Queen ne tarderait pas à partir et le capitaine ne supportait pas les retards. Ils devaient se hâter. En contrebas, un homme observait d’un œil pensif. Il ressentait au fond de lui une part de vide. Un vide différent que celui que sa mère lui avait laissé. Un vide qui pouvait être comblé. Relevant la tête vers le mat, il observa le mouvement des voiles qui claquaient au vent. Jamais il n’avait pris la mer, mais s’il pouvait être libre ainsi, se détacher de ses terres qu’il détestait, alors pourquoi pas ?
Sur le pont, le maître d’équipage repéra ce jeune loup au regard rêveur. S’éclaircissant la gorge, il l’interpela.
- « Eh petit ! Au lieu de resté planté là en chien de faïence, rend toi utile, on a besoin de bras ! »
Le brun leva la tête vers cet inconnu puis monta la passerelle. Se postant devant l’homme, son maigre bagage à la main, celui-ci lui tendit la poigne.
- « Je suis Maverick Lidermen le maitre d’équipage à bord du Queen. Quel est ton nom et que sais-tu faire mon garçon ? »
- « Je me nomme Areigan Azel Reith, et je suis un excellent tireur. »
Lidermen lui sera chaleureusement la main, un large sourire aux lèvres.
- « Un moucheur ainsi donc. On aura bien besoin d’un gars comme toi contre ces maudits pirates ! Bienvenue à bord l’ami ! »


de rhum !

Et une bouteille




Le Queen était un navire marchand faisant la route des épices et de la soie. Rien de très palpitant en somme, mais pour une première fois, c’était déjà ça. Car il en voyait du pays. L’Espagne, l’Afrique, Les Indes, la Chine…. Il n’avait pas réellement le pied marin, mais avec cette liberté nouvelle, il finit par s’en accommoder. Or, quelque chose lui manquait. Ce vide était toujours là, et le mal du pays l’étreignait à chaque fois qu’il prenait la mer. Sa chère Irlande lui manquait, il aurait tout donné pour la revoir, mais l’ivresse du voyage et un besoin de trouver des réponses l’un empêchait.
Il y avait aussi Sérène. Dans chaque ville où mouillait le navire, il cherchait son visage dans ces rues étrangères. Jamais il ne revit ses boucles brunes, ni ressentit son parfum. Personne ne l’avait vu, ce fut comme si elle n’avait jamais exister. Juste un visage de plus qui viendrait hanter ses rêves…
La vie à bord n’était pas si terrible que ça, même pour un simple mousse. Bien que le capitaine soit exigent et le quartier maitre un tantinet sadique. Capitaine qui d’ailleurs avait râlé contre Lidermen à propos de cette embauche.
- « Corps bieu, tu m’agace à la fin à engager tous les jeunes loups posant le regard sur cette coque. On a besoin de matelot expérimenté par Ste Marie, pas de bras cassé ! Enfin maintenant qu’il est là, donne lui donc un sceau et une serpillère, on est tous passé par là. Je n’ai qu’ure de ses compétences en je ne sais quoi. »
Lidermen s’en accommoda bien. Mais il était joueur et surtout très curieux. Il avait remarqué le maigre baluchon qui ne devait comprendre que quelques chemises, mais ce qui lui avait le plus attiré l’œil fut les deux paquets de forme singulière qui l’accompagnaient. Oui il était curieux, mais bien trop honnête pour aller fouiller dans les affaires d’un marin.
Cela faisait une semaine à peine qu’il était là, mais l’homme ne tenait plus. Lui aussi était un excellent tireur, et il voulait voir si la façon dont il s’était vendu fut la vérité ou de la pure prétention.
Le garçon était occupé à lover des cordages près du mat pour les ranger dans la cale. Maverick s’approcha de lui, avec toute la nonchalance qui lui était dû et s’appuyant au bastingage, il observa la jeune recrue du coin de l’œil en tirant sur sa bouffarde. Au bout d’un moment, sentant que son regard insistant le dérangeait, il brisa le silence.
- « Alors comme ça tu es un excellent tireur gamin ? » Dit-il en lui lançant toute sa perplexité au visage.
- « C’est ce que j’ai dit. Rétorqua le garçon sans vraiment le regarder. J’ai fait cinq ans à l’archerie anglaise. Tout le monde sait que ça fait des siècles que leur réputation n’est plus à faire. »
- « Certes, j’ai également usé mes fonds du culotte à l’archerie anglaise. A quoi tu tirais gamin ? »
Son ton était de celui qui ne croyait en rien de ce qu’on lui racontait. Il cherchait à le piquer au vif, il voulait voir sa façon de réagir. Il voulait le faire courir, mais celui-là ne marcha même pas.
- « Long bow et arbalète. » Dit-il simplement, continuant sa tâche comme si l’homme n’était pas là.
Autour, les autres ralentissaient leur activité, curieux de savoir ce qui allait se passer.
- « C’est donc ça que tu as dans tes affaires hein ? Une arbalète dit moi ? »
- « Vous avez fouillé dans mes affaires ? »
- « Loin de moi cette idée moussaillon.
Il souffla la fumée avant de tirer une nouvelle fois sur la pipe. Je suis juste observateur. »
Les yeux d’Areigan tombèrent sur la main de l’homme, l’oreille attirée par un bruit mat. Ce fut le son d’un gant de cuir que le bosco tapait contre sa cuisse.
- « Le défi vous démangerait-il monsieur Lidermen ? »
Son interlocuteur sourit. Il n’avait même pas marché un seul instant. Il lui envoya son gant que le brun rattrapa au vol.
- « Tu as tout compris. »
Il lui renvoya.
- « Relevé ! »

Des cibles avait été placé un peu partout sur le navire, le but étant de déterminer qui de Reith ou Lidermen était le meilleurs tireur du Queen. C’était puérile certes, mais un peu de distraction n’avait jamais fait de mal. A côté de lui, Maverick s’étira. Il avait toutes les chances de son côté, il le savait. Les hommes ne l’avaient pas surnommé le Franc-Tireur pour rien, il l’était d’ailleurs. Et pensant se faire un peu plus d’argent, les marins avaient parié leur paye sur lui, se moquant bien des deux seuls qui avaient laissé le bénéfice du doute au jeune.
Il s’avéra que, bien que les armes soient différentes, les deux hommes étaient ex éco. Tout se joua sur la dernière cible qu’Areigan loupa d’un cheveu.
- « Dommage petit, tu n’as pas d’autre cible pour te rattraper. Tu es fort, mais pas assez bon visiblement. » Se moqua le quartier maitre en lui tapant l’épaule.
- « Mauvais calcul. » Grommela le garçon en levant les yeux au ciel.
Ce maudit vent avait brusquement changé de sens au moment où il avait tiré. Forcément ça jouait. Mais si, il restait une dernière cible. Un coup culoté certes, mais qui ne tente rien n’a rien. En effet, sur le pont supérieur le capitaine était occupé avec son timonier à recalculer son plan de route. Bien qu’il ne participe pas à la fête il aimait être dans l’ambiance. Penché sur sa carte, il croquait, comme à l’accoutumé, une pomme à pleine dent.
- « Il reste une cible. » Lança le brun les yeux rivé sur le fruit.
Tout le monde suivi son regard, mais personne n’approuva, il prendrait ça pour une tentative de mutinerie. Mais le jeune homme s’en moqua bien. Alors qu’il allait porter la golden à sa bouche, reportant la mesure sur le parchemin, un carreau siffla à son oreille avant de sa ficher dans sa pomme, la plantant sur la table au beau milieu de la mer baltique. Tout l’équipage retint son souffle tandis qu’il regardait le précieux nectar imprégner la carte, une veine battant au coin de sa tempe. D’un pas raide, il s’approcha du bastingage et l’agrippa comme si sa vie en dépendait.
- « Bravo ! Vous êtes tous qu’une bande de sale gamin trop gâté, et vous deux les meilleurs tireurs. Mais vous, il pointa un doigt accusateur vers l’arbalétrier, vous êtes le meilleurs, je le concède. A l’avenir, tâché d’utiliser votre talent de moucheur sur ces maudits pirates que sur mes précieuses pommes ! Estimez-vous heureux que je ne vous jette pas à fond de cale ! Je ne veux plus vous voir sur ce pont ! »
C’est ainsi que sa vie de mousse pris fin, et qu’il ne retoucha plus jamais à une serpillère. Mais il hérita également du sobriquet de Mouche. Parce qu’en plus de ne pas manquer sa cible, il atteignait son objectif.

***

Cela faisait bien deux années qu’il était sur ce navire. Ses rêves étaient toujours hantés les nuits de pluie, et la cicatrice qui ornait son cou ne possédait toujours aucune réponse. Or, c’était sans compter sur ce soir du mois d’octobre. Areigan avait laissé les hommes à leur beuverie dans la taverne, son dos ne se prêterait pas à la fête. Il préférait être de retour au Queen avant que la nuit ne tombe. Au détour d’une rue, une ombre en proie à la faim attendait son heure. Et lorsque le gibier fut à portée, elle attaqua. Le jeune homme se défendit comme un diable, mais son agresseur était plus fort que lui. Au moment où il l’attrapa pour planter ses crocs dans son cou, il s’arrêta net et le repoussa en sifflant.
- « Allons bon, c’est tout ? » Lança-t-il d’un ton provocateur en se tenant l’épaule.
L’homme sourit de toutes ses dents, découvrant des crocs impressionnant.
- « Je ne prends pas les restes des autres, désolé. Mais tu devrais te nourrir si tu veux te débarrasser plus facilement de tes adversaires. Parce que si tu tiens à mourir, jette toi tout de suite dans un brasier ! »
Il n’avait pas eu besoin de plus de mot pour comprendre où il voulait en venir, mais il ne voulait pas le croire. Et pourtant son corps lui en donna bien vite la preuve. Il ne ressentait plus la douleur de son épaule, sous ses doigts le sang ne coulait plus. Jetant un coup d’œil à la plaie, il ne put que remarquer qu’elle s’était refermée. Levant un regard noir vers la créature, il n’avait plus qu’une idée en tête : la tuer. Il aurait dû faire ce qui était son devoir depuis bien longtemps, traquer toutes ses bêtes jusqu’à ce qu’il tombe sur la bonne. L’homme qui avait tué sa mère, et à présent cette femme, qui avait fait ce qu’il était devenu. Le vampire sembla devancer sa pensée face à son regard assassin, car il entonna dans un rire sulfureux :
- « N’y pense même pas, tu es bien trop jeune et bien trop faible. Si as des scrupules, tu devrais t’attaquer aux criminels, ça nettoiera les rues. Sur ce, à bonne entendeur salut ! Mon frère… »
Il n’eut pas le temps d’esquisser le moindre mouvement dans sa direction qu’il était déjà partit.

Tuer ou mourir, le dilemme restait entier. Bien qui tuer il l’avait déjà fait pour acquérir sa liberté. Et puis cet homme le méritait, en un sens… Areigan se haïssait tellement qu’il préférait mourir à petit feu plutôt que de tuer à nouveau. Une lente agonie qui dura six ans. Le temps n’avait plus aucune prise sur lui alors que dans son monde il voyait les autres changer. L’homme n’avait jamais fait son âge, alors pour l’instant cela ne posait pas de problème. Mais d’ici deux ou trois ans ignoré ce fait ne serait plus possible pour les autres. Il devait partir tant qu’il le pouvait encore.

***

Cela faisait deux jours déjà qu’ils mouillaient dans le port de Barcelone dans l’attente du bateau qui devait leur livrer vivre et cargaison, mais il semblait en retard. Une voix derrière lui le sortit de sa contemplation de la ville. C’était la vigie qui s’approchait de lui à grand pas un papier à la main. Le brun pris ce qui semblait être une lettre et l’ouvrit. Se frottant les yeux, il retendit le papier, feignant d’avoir trop mal aux yeux en ce moment pour se concentrer sur quoi ce soit. Bien entendu, il n’allait pas dire qu’il ne savait pas lire. Sa mère avait bien commencé, mais son père n’avait jamais jugé bon de continuer son éducation après sa disparition. Le peu qu’il avait sût faisait partit des choses qu’il avait oublié. Le gamin se concentra quelque instant puis releva des yeux tristes vers lui.
- « Je suis désolé l’ami, ça dit que ton père est mort. »
Le sort sembla être avec lui. Il avait une bonne excuse pour quitter le Queen. Il s’était toujours demandé ce que ça lui ferait d’apprendre une telle nouvelle, mais sans trop le surprendre, cela ne lui faisait rien du tout. Trop longtemps il l’avait cherché, c’était trop tard pour éprouver la moindre compassion. Areigan partit voir le capitaine munit de la lettre en s’efforçant d’avoir une mine abattu. Il se trouvait dans ses quartier en compagnie de son second et de Lidermen. Ce n’était pas souvent qu’on les voyait ensemble dans la même pièce, mais c’était surtout lorsqu’il s’agissait de chose importante. Le blond le regarda d’un air grave puis se racla la gorge avant de lui dire :
- « Je suis désolé de cette situation, mais nous n’avons pas de retour prévus pour l’Angleterre dans au moins plusieurs mois. Et avec ses casses pieds qui ne sont pas là, nous sommes en retard sur notre échéance. Dans un autre cas je t’aurais accordé un congé, mais là je suis vraiment navré. »
- « Et bien dans ce cas, je me vous dans l’obligation de quitter le Queen. Mon père était le seul parent qu’il me restait et je crains que ma belle-mère ne respecte pas ses volontés. »

Le capitaine tortilla ses boucles d’or, il était embêté de perdre un bon marin, mais ils se trouvaient dans une impasse.
- « Dans ce cas portez ça au capitaine de l’Elizabeth. Je crois savoir qu’il lève l’ancre pour l’Angleterre d’ici peu… En vous dépêchant. Ravie de t’avoir connu petit. » Lui dit-il en tendait le bout de parchemin qu’il venait de griffonner.

L’Elizabeth, un navire splendide sur lequel tous marins qui se respectent, rêve un jour de navigué. Un bateau fait pour résister au temps et traverser les âges. Le jeune homme se trouvait devant son capitaine qui observait le feuillet d’un air grave.
- « C’est une blague ? Finit-il par dire. Vous êtes là pourquoi ? »
- « Euh… je dois repartir pour enterrer mon père. » Répondit son interlocuteur hésitant.
- « Vous savez ce qu’il y a écrit sur ce papier ? Il ne lui laissa pas le temps de rétorquer, se doutant bien de sa réponse. Il dit « Mon cher vieil ami, je te prête ce freluquet pour une traverser jusqu’à ce cailloux où il fait froid de vivre. Voici un acompte pour son droit de passage. » »
Il lui tendit un bouton de bois sous le nez. L’homme ne connaissait pas leur code et répondit sans comprendre qu’il avait quitté le Queen pour pouvoir partir. Erreur. Un sourire étira les lèvres du capitaine. C’est ainsi, qu’après avoir cru qu’il n’en reverrait jamais une, qu’on lui donna une serpillère et qu’il redevint mousse. Maudit écossais bouffeur de pomme. Celui-là il penserait à lui faire parvenir une bouteille de rhum distillé. Pensa-t-il avec amertume en posant enfin un pied sur la terre ferme. En huit ans, Londres n’avait pas bien changé. Toujours la même, grise et froide.
Dans cette journée qui lui sembla particulièrement agité, il parvint à attraper un fiacre pour le cimetière. Ce fut le même tableau que pour son enterrement, sauf que là, Vanessa et les enfants pleuraient également. Cet élan d’hypocrisie lui faisait monter un gout amer dans la bouche tandis qu’il se mêlait au cortège, dissimulé sous une cape. Il avait eu du flair en affirmant qu’elle ne respecterait pas ses dernières volontés. C’était couru d’avance. Mais bien qu’il se fût promis de danser une gigue sur sa tombe, il s’était aussi promis de faire respecter sa volonté d’être inhumé en Irlande. Après avoir choqué l’assistance à la suite de cette interminable cérémonie, Areigan pris la poudre d’escampette avant de se faire arrêter par des soldats. Ce soir, il reviendrait pour l’emmener.

***

Cela faisait maintenant cinq longues et foutus années qu’il voguait sur l’Isabella, un célèbre galion espagnol. Mais ça faisait aussi cinq ans qu’il se baladait avec son père dans une boite. Dommage qu’il ne soit pas resté plus longtemps pour voir la tête de Vanessa. Enfin Areigan n’avait qu’une parole, il le ramènerait. Sauf qu’un imprévu l’empêcha de regagner sa terre natale. Et c’est ainsi qu’il se retrouvait embarqué sur ce rafiot en attendant que l’affaire se tasse. L’homme ne parlait pas espagnol, mais un jeune mousse avait pu faire la traduction lors de son embarquement. En tout cas ils s’étaient bien foutus de lui sur ses tâches à accomplir. Enfin, rira bien qui rira le dernier. Oui, l’homme s’amusait un peu de cette situation en un sens. Pavel lui avait en secret appris la langue, les rudiments, le reste il l’avait fait sur le tas. Car bien qu’il soit illettré le brun avait cette chance de pouvoir apprendre vite. Ainsi il pouvait leur balancer des répliques cinglantes au visage quand ces andouilles pensaient qu’il ne l’avait pas compris.
Appuyé au bastingage, alors qu’il maudissait son ex marâtre ainsi que son père d’être partit de chez eux, il lui semblait reconnaitre ses côtes. Pavel vint rejoindre sa contemplation de l’océan, le regard perdu dans l’écume de l’eau.
- « Retourne-t-on en Angleterre ?» Demanda l’Irlandais, une pointe d’espoirs dans la voix.
Le mousse secoua la tête.
- « Non on rentre directement à Naples. La famille manque au capitaine. J’ai entendu dire qu’il allait donner à l’équipage un an et demi, voire deux années de congé pour que chacun profite des siens.»
Enfer et damnation ! Cinq ans à attendre que l’affaire s’évanouisse et il allait encore devoir attendre ? Pas question.
- « Tu vas faire quoi pendant ce temps-là toi ? » Demandait le jeune homme le regard pétillant.
- « Je vais enfin rentrer chez moi ! » Annonça Areigan avant de quitter la compagnie du jeune marin.



Dernière édition par Areigan A. Reith le Sam 26 Nov - 4:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Areigan Azel Reith [Finit]   Sam 26 Nov - 4:53


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Rentrer un jour chez lui. C’est bien là la seule chose qui le faisait encore tenir. Le cheminement fut long et épuisant, autant pour lui que pour l’escarcelle que se trouvait un peu lesté de son salaire. Surtout que trouver un bateau qui ne faisait pas escale en Angleterre ne fut pas une mince affaire, mais qu’importe, il était enfin chez lui. A la descente du navire de voyageur, il ne put s’empêcher de se laisser tomber au sol et d’embrasser cette terre qui l’avait vu naitre. Le capitaine l’aida à se relever en haussant un sourcil.
- « Faut se mettre dans cet état-là mon gars. »
- « Vingt-quatre ans c’est long. Merci. »
Dit-il en prenant la main qui l’aida à se relever.
L’homme le regarda partir d’un air perplexe. Il avait l’attitude de quelqu’un qui avait vécus sur cette île, mais il paraissait encore bien jeune. A cette pensée, il haussa les épaules. Certainement les vertus de ces plantes arabes, allé savoir où il a voyagé.
La première chose qu’il fit fut de se rendre à l’endroit où sa mère avait été répandue et y libéra les cendres de son père. Ainsi ils pouvaient enfin être réuni, et puisse-t-elle lui pardonner l’écart de conduite nommé Vanessa.

Areigan n’avait pas réellement pensé à ce qu’il allait faire une fois cette tâche accomplie. La question de revoir sa famille c’était bien sûr posé. Sa cousine était encore en vie, et son oncle très certainement. Il était un homme robuste. Or, un problème se posa vite : son âge. En effet, même s’il n’y paraissait pas il avait aujourd’hui trente et un ans. A cet âge il devrait être mort, tout comme sa mère et bien d’autres membres de la famille Reith. En effet, une maladie inconnue et héréditaire se transmettait de génération en génération sans jamais se tarir. Faisait effet comme une malédiction, les personnes atteintes ne dépassaient guère la trentaine. Et chez lui, les premiers symptômes de ce maux c’était déclaré tôt. Bien trop tôt…
L’homme se résigna. Il ne devrait pas les revoir.

***

Evidemment, c’était sans compter sur le coup du sort… Par un beau matin, un jour de marché, le garçon entendit un cri dans son dos suivit d’une vague d’exclamation. Une main se posa sur son épaule alors qu’il se retournait afin de voir ce qu’il se passait. Le visage des deux hommes se décomposa comme s’ils avaient vu un fantôme simultanément. Le cri appartenait à sa cousine et ce regard interrogateur à son oncle. Enfer et damnation !

Sur ce chemin chaotique que sa mémoire d’enfant n’avait jamais oublié, le brun se maudissait de ce qu’il avait bêtement laissé échapper tandis que la petite famille se remettait de ses émotions.
- « Je suis désolé monsieur, je ne voudrais pas vous importuner, mais vous ressemblez tellement à mon neveux. Qui êtes-vous ? » Il avait demandé l’homme sans préambule.
- « Je suis son fils. »
Ses mots avaient dépassés sa pensée avant même qu’il n’est pu réfléchir intelligemment à une réponse plausible. Iollan avait rapidement fait le calcul. Il n’avait vraiment pas une tête d’adolescent de quinze ans. Mais il fallait dire qu’il n’avait jamais fait son âge. Car en effet, lorsque la vie est considérablement écourtée, l’apparence physique évolue bien plus vite.
L’homme n’arrivait pas à imaginer son neveu avec un fils, lui qui avait déjà un esprit rebelle dans son enfance. Enfin ce garçon en était la preuve.

- « Vous avez repris la propriété et la plantation ?! » S’exclama-t-il le nez collé contre la vitre, alors qu’ils s’approchaient de la maison de son commencement.
Il savait que jamais il n’oublierait ce chemin.
- « Oui nous n’avons pas voulu la laisser au main d’étranger. Ta grand-mère en était fière, ça lui aurait brisé le cœur de voir des inconnus dedans. Mais dit moi, comment va donc ce cher Areigan ? »
L’intéressé baissa le front et lui dit qu’il était mort quand il avait sept ans et que son père avait suivi derrière. La maladie pour l’un, le chagrin de la perte d’un fils pour l’autre. L’homme soupira, l’histoire se répétait. Areigan put lire la douleur dans le regard de Findchoem. Une douleur qu’elle se força d’effacer quant à l’arrivée, deux merveilleux enfants lui sautèrent dans les bras. Cela faisait bien longtemps que la petite fille qu’il avait connue s’était envolée.
La maison était toujours la même, rien n’avait changé. Tout était exactement comme le jour où il était partit. On aurait dit que le temps avait arrêté son cour. On lui fit visiter la propriété en lui contant son histoire. Ses souvenirs de gosse il s’en rappelait très bien. C’était sans doute la pire erreur qu’il ait pu faire lorsqu’il accepta de rester, lui qui s’était résolu à ne pas pourvoir revenir en ces lieux.
Durant les premières années il vécut enfin la vie de jeune homme dont il avait rêvé. Mais il en apprit aussi beaucoup sur les secrets de famille. En effet, les Reith étaient connus pour être de grand maitre fauconnier depuis les tous premiers. Ce qui en faisait des générations d’éleveurs d’oiseaux de proie.
Son oncle regretta qu’Areigan n’ait pu connaitre tout ça et comptait bien se rattraper avec son fils. Iollan ne lui avait jamais posé de question sur sa mère. Bien qu’il se demandait à quoi elle pouvait bien ressembler, alors que le menteur se demandait qu’elle femme aurait bien put le supporter ?

***

Les oiseaux étaient vraiment des êtres fascinant et il ne tarda pas à y prendre gout, se surprenant parfois à observer leur vol pendant des heures, un peu comme le faisait son père autrefois. Sans doute voulait-il être à leur place ? Libre comme l’air…
Or il apprit bien vite que la liberté est quelque chose de factice, surtout lorsqu’on la croit de nouveau acquise.
Un soir, après cinq ans de vie dans la maison de son enfance, le vieil homme le surpris seul à côté du foyer éteint, la fraicheur s’installant peu à peu dans la pièce ne semblant pas l’incommoder outre mesure. Ravivant la flamme, il prit place dans un fauteuil en face de lui et tira sur sa bouffarde, l’observant d’un air grave.
- « Tu sais mon garçon, il y a une chose que je ne t’ai pas dit à propos de cette famille. »
- « Quoi donc ? »
Demanda son interlocuteur, l’air faussement intéressé, le regard perdu dans le feu dansant sur les buches.
- « Depuis de nombreuses générations, en plus d’être maitre fauconnier, nous sommes des sourciers. Enfin, il soupira, grâce à l’église, disons plutôt des sorciers. Et depuis que nous connaissons leur existence, nous nous sommes spécialisés dans la chasse aux vampires. »
Le garçon déglutit avec une certaine difficulté. Il est vrai qu’il s’était souvent posé des questions sur sa mère, mais pourquoi il lui racontait ça ? Il le regarda avec un sourire niais.
- « Mais mon oncle, ces bêtes là ça n’existent que dans les contes… »
- « Ne joue pas les ignorants.
Le coupa-t-il. Je sais ce que tu es et j’ignore si les autres l’on vu. Tu ne peux pas savoir à quel point cela me remplit de joie de te savoir en vie, mais nous sommes des chasseurs, je pense que tu comprends où je veux en venir. »
Le brun tournait ses yeux sang vers lui, le foudroyant du regard.
- « Je tiens à vous rappeler, mon oncle, que c’est une de ces créatures qui a pris la vie de mes parents et la mienne. Je l’ai vu mourir ! Vous n’imaginez pas ce que je peux ressentir, et surtout maintenant que je sais que je suis le fils d’une chasseuse. Cracha-t-il. Je ne l’ai pas choisi, et si je pouvais revenir en arrière et effacer ça, je le ferais. Mais c’est également une guérison à la maladie. C’est peut être égoïste de ma part, mais même si je hais ces créatures au plus profond de mon être, je ne vais pas non plus laisser filer cette chance. »
- « Je le conçois et te le concède. Mais humain et vampire ne peuvent vivre ensemble. Et je ne te laisserais pas briser la vie de ma fille. Si je m’en suis rendu compte, les autres le verront aussi et il faut limiter les dégâts. Ta mère approuverait certainement, même si cela lui déchirerait le cœur. »

Areigan se leva d’un bond, reversant le lourd fauteuil sur son passage. Il sentait une colère animale remonter le long de sa gorge, appelant à ses plus bas instincts.
- « Ne parlez pas en son nom. Ma mère avait un esprit bien moins étriqué que le vôtre. Mais si c’est votre désir, et bien je partirais sans remord. Après tout, je ne suis qu’un fantôme mort il y a trente ans. »

Ce fut sur ces belles paroles qu’il quitta une nouvelle fois la plantation et sa famille, avec pour seul bagage, sa haine qui ne n’avait de cesse de s’accroitre. En réalité, les Reith étaient au courant et le vieil homme avait juste parlé en leur nom. Une décision sans appelle dont il savait pertinemment que sa sœur ne l’aurait jamais prise. C’est pour cela qu’il lui confia avant son départ, un jeune oisillon qui comme lui s’était envolé du nid bien trop tôt.

C’est ainsi que l’homme continua à écumer les océans, donnant naissance à la légende de l’Aigle des mers et déchainant sa haine contre tout vampire ayant le malheur de croiser son chemin.



un vieil ami.

Retrouvaille avec



[justify]Cela faisait une semaine à peu près qu’Areigan errait sans but dans Barcelone, évitant le port avec un grand soin. Sans doute devrait-il abandonné l’idée de voguer de nouveau sur un bateau. En effet, il y avait depuis quelques années déjà, peut être cinquante ans, il ne comptait plus, qu’il en avait assez d’être considéré par ces capitaines à deux sous comme un simple grouillot. Il ne comptait pas non plus le nombre de fois où il avait sauvé leurs fesses, pour un moindre salaire qui ne volait guère au-dessus de celui de mousse. Alors il ne se gênait pas outre mesure pour organiser des mutineries à tour de bras, ou du moins, de s’arranger pour en déclencher. Oui, sa réputation n’était plus à faire, autant en tant que moucheur qu’en tant que mutin en puissance. Il arrivait même que son surnom le précède. Depuis qu’il avait quitté l’Irlande avec son nouveau compagnon, l’Aigle des mers était son nom. Un nom qui faisait effet de fantôme, car quel marin pouvait prétendre naviguer pendant quatre-vingt-trois ans ?
Voilà la raison pour laquelle il laissait le port aux pêcheurs… Enfin surtout parce qu’il était également recherché. Non pas pour avoir essayé une nouvelle fois de mutiner des militaires, non ces chiens-là sont trop bien dressé, juste pour avoir délesté d’une pomme ou deux l’étale d’un marchand bien trop arrogant, pour en faire don à une charmante demoiselle et son jeune frère. Avait-il fuit lorsque les soldats l’avait remarqué ? Non, il les avait ridiculisés. L’homme se trouvait bien loin de l’époque de sa naissance et avait quelques difficultés à comprendre ces mœurs nouvelles.
Enfin, quoi qu’il en soit, il devait trouver un moyen de filer à l’anglaise, car il n’échappera pas aux gardes éternellement. Et comme sa réputation avait souvent tendance à le rattraper, sous peu de temps il serait bien plus qu’un simple voleur de pomme et un bretteur au défit facile.

Un soir, il eut vent d’un fabuleux navire qui venait de mouiller au port. On parla aussi d’un équipage pauvre à l’apparence peut organisée. Sans doute venait-il juste de se former ? Une splendide opportunité à saisir dans ce cas. Le brun décida d’aller jeter un coup d’œil à cette rumeur vivante.
Le ciel était clair ce soir-là, dépourvu de nuage. La pleine lune pouvait ainsi éclairer de toute sa lueur blafarde les navires attachés au port. Et c’est là qu’il le vit. Comme une retrouvaille avec un vieil ami. L’Elizabeth… Bien sûr ce n’était pas le même que la première fois où il avait navigué dessus, mais les espagnols semblaient être attachés à leur valeur, autant que les anglais, et si ce bâtiment était une merveille il y a cinquante ans, il l’était toujours autant à présent.
- « T’as pas pris une ride toi. » Murmura-t-il alors que des bruits résonnaient sur le pont.
Un homme brun apparut, regardant la ville avec une certaine nostalgie. Compte tenu de sa présence, il devait certainement être le capitaine à bord. Son instinct le trompait rarement. Mais cet homme lui paraissait tout de même encore bien jeune pour occuper une telle position. Enfin qu’importe… Il serait sa porte de sortie.

Areigan suivit ce personnage afin de savoir qui il était vraiment, mais aussi pour connaitre la date du levé d’encre. La question d’embarquer clandestinement s’était posée, mais après avoir appris que l’Elizabeth était devenue un bateau pirate, il se dit qu’il risquait moins à essayer de se faire enrôler. Surtout qu’il crut entendre que ses passagers étaient maudits… Or, comment approcher ce bâtiment comme un homme normal quand le port afflux de soldats tout le jour ?

***

Ce quidam-là devait en avoir rencontré des femmes, et surtout en avoir mis dans son lit en un temps record. Mais en avait-il déjà trouvé qui parvenait encore à dire non à ses charmes même après une folle soirée bien arrosé ? Au vue de sa tête, visiblement pas tant que ça. La jeune femme lui avait fait miroiter qu’elle se donnerait à lui quand elle sera officiellement « la femme du capitaine ».
Tu parles… Même pas en rêve. Les donzelles sur les bateaux pirates ne sont rien de plus que des catins, il avait bien vu ce que ça donnait.
Il est vrai que le vampire faisait une jeune pucelle très convaincante. Il suffisait juste de donner les formes où il fallait et le tour était joué. Au final, les hommes sont vraiment faciles à berner quand on réunit l’alcool et le sexe opposé.
Les soldats non plus ni voyaient rien, cela faisait réellement du bien de pouvoir de nouveau sortir et se balader, sans avoir à regarder à chaque coin de rue si un quelconque uniforme ne s’y trouvait pas. Or, il ne risquait pas de prendre gout au travestissement, car dissimuler des armes sous ces jupons n’étaient pas une mince affaire. Après cette nuit, il pouvait être sûr d’avoir une place sur ce bateau. En tant que « Christina » bien évidemment…

***

Le soleil pointait à peine le bout de son nez lorsque « Christina » sortit de la maison de passe avec ses bagages. L’oiseau, dissimulé sous un linge, s’agitait légèrement dans sa cage tandis que l’arbalète s’acharnait contre son mollet. Sirius tapait de temps à autre sur le rebec au rythme des pas, faisant grimacer le porteur et teinter les cordes. Ses armes étaient encombrantes certes, mais il ne pouvait se résoudre à s’en séparer, bien qu’ainsi emmailloté comme elles l’étaient, elles ne lui seraient pas vraiment utile pour le trajet. Quelques regards se retournaient vers cette femme à la démarche singulière qui semblait porté des effets bien trop lourds pour sa personne. Mais tant qu’il n’attirait pas l’intérêt des soldats, il s’en moquait bien.
Sur le pont de l’Elizabeth, les hommes s’activaient en tous sens, montant des vivres, charroyant des cordages… Ils n’allaient pas tardé à lever l’encre. « La jeune femme » s’approcha d’un homme occupé à distribuer des ordres, le teint pâle, les cheveux clairs. Et cette odeur qu’il connaissait que trop. Une odeur de sang caractéristique de ce qu’il était : un vampire. S’il avait sût qu’une de ces vermines se trouvait à bord il aurait certainement jeté son dévolue sur un autre bâtiment. Mais à présent qu’il était là, il n’allait pas faire demi-tour. Areigan se présenta donc à cet homme comme étant la femme du capitaine. Ce qui ne semblait guère l’étonné, au contraire, il le regarda avec un air amusé. Sans doute l’avait-il sentit lui aussi ?
La supercherie dura jusqu’au départ de Barcelone, les matelots bien trop occupé à leurs tâches respectives pour se préoccuper d’une femme. Mais une fois en mer, la concentration relâchée par le temps clément et les eaux calmes faisait à présent courir la rumeur sur le navire.
Appuyé au bastingage, l’attention égaré dans l’écume qui s’échouait contre la coque, il pensait avoir un peu plus de répit. Or c’était sans compter sur l’ardeur des hommes passant des semaines en mer sans pouvoir assouvir leurs fantasmes. Et il sembla que certains d’entre eux n’avait pas pu le faire comme bon leur semblait, lors de leur séjour à terre. Le brun n’avait pas encore trouvé la parade pour se sortir de cette situation, qu’il se retrouva bien vite entouré par cinq moussaillons, qui commencèrent à le chahuter.
- « Dit donc t’es à coquer ma mignonne. » Lança l’un d’entre eux.
- « J’espère que tu sais nager le furet, parce que tu vas pas tarder à partir cul par-dessus tête. » Siffla le vampire en le repoussant.
- « Fais pas ta précieuse la pucelle, t’y passeras tôt ou tard. » Rétorqua un autre en glissant une main sur sa cuisse.
L’homme sentit la moutarde lui monter au nez. Là s’en était trop… D’un geste vif, il flaqua son point dans le nez de celui aux mains baladeuses et se dégagea de l’emprise des autres en les repoussant. Mais dans le mouvement, son vêtement, retenu par un de ces pervers, ce déchira faisant choir sur le sol les artifices qui lui servaient de poitrine. Les marins regardèrent cet étrange phénomène avec des yeux ronds comme des soucoupes, ne croyant pas à ce qu’ils venaient de voir.
- « C’est po une femme ! » S’exclama un des cinq, brisant le silence qui c’était installé.
- « Désolé de te décevoir » Se moqua le brun alors que son regard croisait celui du capitaine.
Un regard qui devenait noir de colère. S’il l’avait pût, il l’aurait tué rien qu’avec ses yeux. Le vampire ne savait pas ce qui le mettait le plus en rogne. L’humiliation d’avoir flirté avec un homme tout une soirée durant, ou simplement d’avoir été si bêtement trompé. Sans doute un peu des deux. Pareil à un taureau en pleine charge, il fondit sur lui, écartant ses hommes sans vergogne, l’attrapa par le bras, et le jeta sur le pont. Il se demanda quel châtiment allait être le siens pour ça, bien que la planche soit le plus indiqué. Or, il déglutit avec une certaine difficulté lorsque le capitaine détacha le fouet de sa ceinture, qui claqua à quelques centimètres de son visage. Certes, il connaissait que trop bien cette correction et préférait l’éviter, tout comme la grande cale.
- « Je crois qu’il est inutile d’en venir à de telle extrémité, je peux comprendre votre colère. » Commença l’accusé tout en restant de marbre face à ce déploiement de rage.
Il fallait qu’il se sorte de ce faux pas au plus vite, sans effusion de sang. Son regard critique avait rapidement analysé cet équipage douteux. Il y avait un capitaine, un second, qui devait être ce jeune blond avec lequel il partageait une grande amitié visible, le vampire qu’il soupçonnait être maitre canonnier, et une bande de forban à grande gueule. La confiance ne semblait pas circuler entre les deux extrémités de l’échelle, et on savait bien où menait ce genre de relation.
- « Je crois constater que votre équipage n’est pas au complet. Il vous manque du monde ça ne fait pas un pli. J’ai été Bosco sur le Galadda, un navire arabe réputé ! »
Réputé pour ses canons puissant, sa grande rapidité, mais aussi pour avoir eu l’équipage entièrement décimé. Pour un renom… Enfin il espérait que l’évocation du mot « arabe » pique sa curiosité.
- « Aussi, laissé-moi vous présenter mes services en tant que tel, mais également en tant que moucheur expérimenté, qui a fait ses preuves par de maintes occasions. »
Il vit briller dans les yeux de l’homme une lueur enfantine avide d’apprendre. Visiblement il avait touché la corde sensible et réussi à émoustillé son intérêt. Ils avaient réellement besoin d’homme bon.
Le trompeur parvint ainsi à échapper au courroux du fouet, mais ne coupa pas au châtiment. Ce capitaine-là était sans scrupule et comptait bien le prouver. Mais étrangement, le condamné sembla accepter son sort avec une certaine désinvolture. Passer deux jours de plus accoutré de ces frusques féminine dans une partie de la cale qui prenait l’eau, ça ne le dérangeait pas. Il avait passé dix-huit ans dans l’ombre d’un placard, alors deux jours de plus ne ferait pas la différence. Ce qui l’ennuyait le plus était surtout de laisser ses effets sans surveillance. Heureusement qu’il avait pris soin de les dissimuler et de libérer l’oiseau avant de paraitre sur le pont. Durant ce temps, son esprit ne sembla pas être altéré par la douleur, alors qu’il pouvait sentir le sel marin lui ronger la chair. Sa conscience était ailleurs. Lorsqu’il revit enfin la lumière du jour, tout ce qu’il trouva à dire fut qu’il faudrait penser à réparer cette fuite.
Bien évidement la façon dont il était venu à bord avait marqué l’esprit de plus d’un. Et c’est bien pour cette raison que pendant une année entière, de temps à autre, il trouvait à son réveil ses vêtements d’homme échangé contre quelques atours féminins. Les mettait-il ? Aucunement. Il préférait arpenter le navire nu comme un ver, distribuant des mandales aux esprits tendancieux, jusqu’à ce qu’elles lui reviennent. Ceci durant le temps qu’il mette la main sur celui qui ne connaissait pas l’adage « les plaisanteries les plus courtes sont les meilleurs ». Un des marins dont il savait quels était ses vices et auquel il paria une bouteille de rhum ainsi que sa compagnie pendant toute la nuit, s’il enfilait ces vêtements de femme. Ce qu’il fit, avant de passer cul par-dessus tête de l’autre côté du bastingage. Une perte qu’il justifia au capitaine pour cause de scorbut.
Maintenant qu’il était Bosco, il gagnait à se faire respecter, et ne se gênait pas pour en profiter. Mais de manière plus subtile que ce bon Hidalgo.
Bien sûr, il résidait quelque irréductible dans le genre indécrottable qu’était ce bon maitre canonnier. A la différence, c’est que lui il ne pouvait pas le jeter à la mer pour nourrir les poissons. Bien que ce n’est pas l’envie qui lui en manquait, à cette vermine de vampire. Et bien que les deux hommes se détestent comme chien et chat, il était bien obligé de composer avec. Acceptant avec un sourire mauvais ses cadeaux. Frusque féminine qu’il distribuait aux démunis une fois pied à terre.
Enfin, un jour il finira bien par lui rendre la monnaie de sa pièce et les joutes verbales finiraient en un combat sanglant.

Et c’est ainsi que huit ans après son arrivé, dont on lui remémore encore aujourd’hui les circonstances, surtout ce cher Johann, Areigan Azel écume les mers sous les voiles de L’Headless Elizabeth.


Legendary

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« Avez déjà entendu parler de l’Aigle des mers ? Un homme qui aurait par maintes fois à déjà fait le tour des terres. Ecumant les flots, il connait les secrets de chaque pays que son pied à foulé. Secret qu’il ne partage qu’avec son compagnon, portant le nom d’une étoile, lui donnant le don de l’immortalité. Fantôme portés par des yeux de sang, foudroyant l’usurpateur, que de son glas sonne la fin de ton heure. »

Si vous avez déjà entendu cette fable, au détour d’une taverne, c’est que vous connaissez son nom. Une histoire à dormir debout qui naquis par une soirée arrosé de rhum, durant une joute verbale. Un marin un peu trop ivre qui avait toujours quelque grief mêlé de peur envers son compagnon de voyage. Areigan avait bien pensée que cette ineptie s’évanouirait dans les vapeurs d’alcool. Mais ce n’était sans compter sur la crédulité des chasseurs de vampire et autre croyant de légende grotesque. Qui ne rechercha pas un jour la fontaine de jouvence ? Mais à quoi bon se fatiguer, s’il n’y a qu’un homme et un oiseau à trouver ?
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MessageSujet: Re: Areigan Azel Reith [Finit]   Sam 26 Nov - 4:57

Voila enfin terminé \o/

Désolé pour la l'extrême longueur de l'histoire, mais Areigan est un personnage qui m'inspire et me tiens à coeur. Du coup je me suis un peu emballé x)


Et désolé du retard aussi. Comme d'ab je me suis laissé débordé -_- (mauvais élève oui oui)
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Narsèç Shernay

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MessageSujet: Re: Areigan Azel Reith [Finit]   Lun 28 Nov - 2:59

Eh bah, ça c'est de la fiche content

J'aime bien, l'histoire est prenante et y'a de la matière, mais deux/trois trucs me chiffonnent :

-Les vampires n'ont pas les yeux rouges, et ne peuvent pas avoir les yeux rouges. Comme les lentilles de couleur ça n'existait pas, il va falloir revenir aux teintes naturelles x)

- Euh... sa maman crée du feu avec ses mains?

- Il y a pas mal de fautes de grammaire, je ne te demande pas de tout corriger dans ta fiche parce que ça ferait un sacré boulot, mais fais attention à ça dans tes futurs messages de RP, pense à te relire et à utiliser des correcteurs d'orthographe =)

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MessageSujet: Re: Areigan Azel Reith [Finit]   Lun 28 Nov - 23:24

J'utilise word 2010 donc ça corrige et je relis généralement des nombres incalculable de fois. Mais là j'ai dû en laisser passer comme d'habitude. Je fais attention mais là si y en a beaucoup désolé.

Sinon pour la couleur des nyeux j'ai changé. Mais pas dans l'histoire x)

Et pour la manipulation du feu, s'agissant d'un rêve venant de souvenir d'enfant, l'imagination à un peu pris part sur l'histoire. Voila.
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MessageSujet: Re: Areigan Azel Reith [Finit]   Mar 29 Nov - 0:53

C'est tout bon alors, fiche validée =)
(Word est un boulet pour les fautes, c'est pas nouveau)

It's time to play o/

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MessageSujet: Re: Areigan Azel Reith [Finit]   Mar 29 Nov - 1:00

Danke \o/

Je suis officiellement floodeur en règle /BONK/ (comment ça sans papier ? Je vois pas de quoi vous voulez parler content )
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MessageSujet: Re: Areigan Azel Reith [Finit]   Mar 29 Nov - 1:32

Tu seras floodeur en regle quand tu auras lancé ton RP, petit padawan content

(Oui, moi je peux flooder partout. Mais pas vous o/)

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Areigan Azel Reith [Finit]

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