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 Isobel Z. Duncan

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Isobel Z. Duncan

♠ Malefic Twin Pirate

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MessageSujet: Isobel Z. Duncan   Dim 24 Juin - 19:26


Duncan

Isobel Zachary



~ Identité ~

Nom : Duncan.
Prénom : Isobel Zachary
Surnom : Iso’, Isob’, Bebelle, mais ça, c’est un surnom que les pirates lui donnent quand ils sont bourrés.

Age : Dix-neuf ans, m’msieur !
Date de naissance : C’était en mai. Zachary dit que c’est l’cinq, donc ça doit être ça.

Sexe : Masculin.
Race : Humain.

Orientation sexuelle : En mer, on fait avec ce qu’on a sous la main.

~ Piraterie ~

Nom de pirate : Lebosy, que certains transforment en « Lebosseur », tant le p’tit traine sa carcasse sur le pont, nuit et jour.

Nom du bateau : A vrai dire, j’en cherche encore un…

Poste sur le bateau : Il faut toujours commencer par le bas de l’échelle. J’suis un mousse, mais pas un tire au flanc !

Depuis combien de temps : Je suis mousse depuis mes quatorze ans, mais le bateau sur lequel je servais a sombré depuis quelques semaines. J’évite de dire que l’cap’taine a planté le bateau dans des coraux…

~ Apparence ~


Physique :

Style vestimentaire : pensez à rester cohérent vis-à-vis de l'époque, pas de jeans,...

Signe particulier : Pas de tatouages, non. Ca ne saurait tarder. Les pirates de mon ancien bâtiment ont déjà réussi à m'attacher au mât pour me percer l'oreille gauche et y mettre un bel anneau d'argent dérobé le jour même. Ils disent que c'était mon baptême. La tête de Zachary, quand il a vu ça...
Enfin, il a pas râlé bien longtemps, vu que je lui ai apporté un croix splendide que j'ai dérobé moi-même lors de ce voyage. Magnifique croix, mais j'ai pas réussi à trouver sa jumelle. A la place et pour le moment, je me contente d'un autre type de croix. Dans le fond, c'est pas plus mal, ça marque notre différence, à Zach' et moi.


~ Psychologie ~


Caractère : 10 lignes mininum

Aime : Mon frère, évidemment. Le rhum, les jeux de cartes, l’agitation sur le pont quand on se prépare à l’abordage. Plus que tout, j'aime ce souvenir, celui de mon premier jour à bord d'un bateau. Avant de quitter le port, tous les pirates se sont rassemblés sur le pont du bateau pour chanter leur hymne. Mais pas que sur notre bâtiment non, tous les pirates de l'île, du moins, c'est l'impression que j'en ai eu. C'était splendide. Puis, ma première nuit à bord d'un navire, mes premiers ordres, toutes ces premières fois de pirate.
J'ai déjà dit que j'aimais mon frère, aussi? Non parce que vraiment, je pourrais tout abandonner pour lui.

Aime pas : Je hais les corsaires. Et les pirates qui passent après nous sur un bateau déjà pillé, pour profiter des femmes et de la nourriture. J'aime pas non plus quand les pirates me prennent pour un môme sorti des jupons de sa mère. J'aime pas rentrer chez moi et ne pas y trouver Zachary, ou quand on prend des otages. Les otages, c'est horrible. Inutile, une bouche en plus à nourrir, je dois toujours m'en charger...Ils passent leur temps à geindre et à demander pour qu'on les libère. Épuisant.

Loisirs : Je peux pas vraiment dire qu'être pirate soit un loisir. Mais depuis gamin, je ne veux et ne sais faire que ça. Quand j'ai le pied à terre, j'ai l'impression d'être un albatros, bon à rien. Alors quand on mouille à quai, je passe mon temps au lit, à me promener dans les petites rues, à regarder Zachary travailler. Il est minutieux, c'est fou.
Ah, j'ai peut-être pas mentionné ce fait, mais...Je joue d'un instrument. Un peu de piano, et ce qu'un corsaire perdu dans le bordel m'a offert un jour, il a dit que c'était une guitare. Donc, à bord du bateau, il m'arrive souvent d'amuser les autres en jouant quelques chansons à boire. J'adore ça.

Talents : Et bien, Zachary et les pirates semblent dire que je suis une fée du logis. Grosso-modo, je cuisine bien - à bord d'un bateau, c'est vraiment pas ce qu'il y a de plus simple. Et je suis du genre à aimer pêcher. Ça nous permet d'avoir des vivres frais et de la nourriture variée, pour les repas. J'ai pas peur du sang, alors je peux couper un poisson aussi bien qu'une jambe touchée par la gangrène. La première fois, c'était dur. Après, ça vient tout seul, il suffit d'y aller vite, fort et bien. Et avec du Rhum, tout devient plus simple.
Donc, au niveau des premiers soins, c'est souvent à moi qu'on fait appel. Mais aussi pour prendre la relève. J'ai une très bonne vue, alors je monte souvent sur le mat pour guetter la terre ou un quelconque bateau.
J'oublie aussi de le dire, mais, je me débrouille sacrément bien avec une épée. J'ai récupéré une vieille rapière dont j'ai pris soin et à présent, elle brille comme de l'or. Je la garde toujours avec moi, dans un fourreau volé sur le marcher.

~ Sociabilité ~

Famille : Un père absent et sans doute mort, qui était Corsaire. Une mère visiblement prostituée mais que je n’ai jamais connue, ou dont je ne garde aucun souvenir. Et puis, la chair de ma chair, mon frère jumeau et identique en tout point, Zachary Duncan.
Seul cet être compte réellement pour moi. Le reste, je m'en fiche. Il n'y a que lui.

Amis : Quelques camarades de boissons, mes anciens collègues mousses et puis des pirates sympathiques qui trainent la jambe le long des ports. Les femmes qui nous ont élevés, mon frère et moi, dans le bordel de la côte. Elles ne sont pas à proprement parler mes amies, mais elles ont toujours fait partie de ma vie et sans leur soutient, Zachary et moi ne serions plus qu'un tas d'os.

Collègues : Pour l’instant, je n’en ai plus, mais j’en cherche activement. Avant, par contre, on était une bonne cinquantaine, autant de monde que je côtoyais tous les jours. De bons gars pour la plupart, et quelques ordures dans le tas, évidemment. Il y avait ce gars, aussi. Ce vieux pirate qui semblait être né avec le monde. Il m'a appris plein de chose. On l'a retrouvé, il y a peu, la gueule grande ouverte entre les seins d'une catin. Il est mort heureux.

Ennemis : Les Corsaires et autre fils de bonne famille qui tentent de saborder les pirates ! Et puis il y a ce marin d’eau douce qui ronde un peu trop près du magasin de mon frère…Sinon, j'me fais pas souvent d'ennemis. Paraît que je suis un chic gars, j'aime pas tellement faire de mal, alors j'évite. Piller, c'est pas faire du mal, que du contraire! On décharge ces gentes dames des colliers trop lourds qui marquent la peau de leur cou.

Amour : Une femme dans chaque port, qu’ils disent. Mais moi, je ne mouille qu’à un quai, je n’ai donc qu’un amour. Les gars me prennent pour un pieu puceau, mais ils se trompent. J'aime leur raconter les histories de bonnes femmes du bordel, mais bien souvent, c'est vrai, ce sont simplement des racontars. Je ne suis pas un coureur de fesses, il n'y qu'une paire qui ait de l'importance à mes yeux. Je suis fidèle à mon unique amour.
Du moins, j'essaie. Les pirates me mènent la vie dur, de ce côté là.

~ Hors Rpg ~

Toi : ton nom/surnom : Call me Isobel. (Sarah, ça craint).
Depuis combien de temps fais-tu du RPG : Ca va faire 8 ans, je crois bien.
Ton niveau : Je dirai…Correcte ? Enfin, ça, c’est à vous de voir.
Ta disponibilité pour le forum : Ça, c’est une bonne question. Présente autant que je le peux.
Comment as-tu connu Myrajh ? : En tapant « Forum pirate RPG » sur Google. Parce que Google est ton ami.
Petit plus : Ce poste est le 6000ème du forum. J'ai droit à un bonbon?






Dernière édition par Isobel Z. Duncan le Jeu 28 Juin - 5:19, édité 1 fois
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Isobel Z. Duncan

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MessageSujet: Re: Isobel Z. Duncan   Jeu 28 Juin - 5:16



~ Histoire ~


Isobel a écrit:

« Il est né. Parce que l’unique prénom masculin auquel elle avait pensé était Zachary, elle l’a nommé ainsi.

Puis je suis né. La douleur, après le premier accouchement, elle ne devait pas s’y attendre. Et voir naître un second bébé dû lui faire un choc. Elle n’avait qu’un prénom en stock. Le second était celui qu’elle aurait donné à une fille, si le premier bébé né en avait été une.
Alors, malgré le fait qu’elle ait accouché de deux garçons, ma mère prit le parti de ne pas réfléchir davantage et de me m’appeler par le prénom d’une femme.

Je ne sais pas si ça s’est réellement passé comme ça. Mais, autrement, comment aurait-elle pu m’affubler d’un tel prénom ? Je n’étais pas attendu, ni prévu. Je n’étais pas tellement chéri, non plus, puisqu’elle y aurait réfléchit à deux fois, sinon, avant de me faire porter le doux prénom d’Isobel. »

Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’en effet, il n’était pas prévu. Ni lui, ni Zachary. Prostituée, leur mère s’était, un soir, faite payer par un corsaire pour une nuit d’amour marchandé. Il avait profité de son corps, toute une nuit, comme tant d’hommes auparavant. Puis il s’en est allé, rejoindre un navire ou une autre femme. Tout cela n’est, au fond, que suppositions.
Il est revenu, neuf mois plus tard. Sa catin portait dans les bras deux bambins, jumeaux, beaux. Ils étaient ses enfants. Ni lui, ni la prostituée ne pouvaient en être certains, mais la preuve viendrait quand ils grandiraient. Leurs traits prendraient ceux de leur père, deviendraient nets, virils. Ils deviendraient deux copies conformes de ce qu’il est.

C’est un accès de colère, une crise passagère. Un doute, une peur ou une hantise, qui le poussèrent à agir de la sorte. Lorsqu’il prit les deux enfants avec lui et qu’elle le suivit sur le bateau où il servait, hurlant qu’il n’avait guère le droit de lui voler ses nouveaux nés. Elle hurlait dans la rue, sur le quai, sur le pont comme une furie qu’elle était. C’était insupportable. Elle était insupportable. Il n’aurait jamais pu se douter qu’elle ne savait pas nager. N’est-ce pas un automatisme ? Quand bien même, lorsqu’il la fit basculer par-dessus la rambarde du bateau, il la regarda longtemps se battre entre les remous de l’eau noire. Leurs yeux se croisèrent autant de fois que lorsqu’ils avaient fait l’amour, il y avait neuf ou dix mois de cela. Ils se joignirent, ne se lâchèrent plus, jusqu’à ce qu’elle se laisse happer par les profondeurs de la mer.
Ainsi décéda la mère des deux enfants.

Et voici comment le vieux corsaire dû se charger de deux mioches dont il n’eut pas le courage de se débarrasser, du moins, pas comme il le fit avec la prostituée. Eux, il en était certain, ne pourraient pas nager. Quoique…Non.
Mais, dans le fond, peut-être aurait-il mieux valu qu’il leur épargne cette vie. Deux gosses braillant qu’il fit nourrir au sein pendant leur petite enfance par une femme quelconque grassement payée et qu’il fut ensuite chargé de reprendre. Que faire avec deux gosses, quand on est corsaire ?
La réponse lui vint d’instinct. Ils navigueraient, contre leur grès.

A moins d’un an, Zachary et Isobel étaient donc déjà sur un bateau. Peut-être est-ce là que le dernier né se prit d’amour pour l’océan.
Il y fit ses premiers pas, deux petits pieds se posant l’un après l’autre sur les planches de bois du ponton d’un navire corsaire. Deux petits pieds de bambins qui grandirent, grandirent, poussèrent rapidement. Tout comme son amour pour la navigation.

Isobel a écrit:
« Mon premier souvenir, c’est la vue de l’océan. Grand, beau, bleu. J’étais accroché à la rambarde, à tribord, et je regardais l’horizon pour la première fois. A l’époque, j’avais déjà envie de l’atteindre. Je n’avais cependant pas conscience que pour cela, j’allais devoir lâcher la main de Zachary, qui était constamment dans la mienne.
Je ne crois pas que mon frère ait de souvenirs de cette époque. Moi-même, j’en garde très peu. Juste de brèves visions de la terre vue d’un bateau à l’étendard douteux. Qu’est-ce que j’aimais voir cela, d’ailleurs ! »

Et puis, le bateau s’est rapproché de la terre, le corsaire y a déposé ses deux enfants. Que de tristesses, de quitter ce navire enchanté. Que de tristesse, d’être tirés si violemment par le bras, de ne pas tenir la main de son frère mais celle de son père. Isobel et son frère avaient cinq ans. C’est la première fois que ses petits petons se posèrent sur la terre ferme. Sans chaussures, c’était bien moins agréable que le plancher humide des bateaux où il avait appris à se maintenir droit malgré la houle. Un sol qui ne bouge pas, c’est tellement…Étrange.
Il retrouva pourtant ce contact apprécié lorsqu’ils entrèrent tout trois dans un bordel de la côte. Un bordel qu’aujourd’hui, Isobel connaît bien, et qu’il lui arrive encore d’appeler « maison ». Car c’est là qu’après une nuit de plaisir avec une catin, le corsaire abandonna ses enfants. Il les avait laissé dans un placard, le temps de faire son affaire et puis, lorsqu’il quitta la chambre, Isobel fit sortir Zachary de l’armoire, l’installa sur le lit, se blottit contre son flanc. Ils s’endormirent, pour l’une de leurs premières nuits à quai, dans un lit.

On n’entendit plus parler du corsaire. Une chaloupe, une bouteille de rhum, et il s’en était allé comme il était venu la première fois. Dans ce même bordel où leur mère avait exercé cinq années auparavant. Isobel et Zachary en revenaient aux sources, cette fois sans mère et sans père. Mais ils avaient cinq ans, des bouilles d’anges assoupis qui furent réveillés par les cris d’une matrone bien étrange. Elle tira les rideaux, tira les draps, leur cria de se lever et d’aller se débarbouiller la figure avant de passer en cuisine. Quelques morceaux de pains et deux pommes plus tard, elle leur expliqua qu’ils vivraient ensemble, ici, jusqu’à ce qu’ils soient capable de rendre une femme heureuse.
Isobel ne comprit pas bien ces mots, mais puisque cela semblait convenir à Zachary, pourquoi pas.

Isobel a écrit:
« Relever les manches, prendre le balais, se mettre à nettoyer les chambres de fond en comble pendant que Zachary, lui, changeait les draps avec beaucoup de soins. Moi, je m’activais aux tâches plus physiques, quand mon jumeau se chargeait de choses un peu plus tranquilles. Recoudre les robes des filles, changer les draps, aller faire les courses. Moi je réparais les toitures qui fuyaient, me chargeait du bar, des bastons.

A ça, les bastons. Un marin ivre qui dit qu’il a payé alors qu’il n’a pas une pièce d’or dans sa bourse depuis des mois, le pirate suivant qui réclame sa dose d’attention, trop de rhum dans l’air, le tour était joué. J’avais le rôle du médiateur, mais je m’en suis pris, des gnons dans la figure ! C’est là que j’ai commencé à me forger une carrure. Quand j’étais gosse, ça passait mieux. Un sourire, quelques pleurs, les hommes se calmaient vites et s’excusaient même auprès des filles.

Puis un jour, le sourire n’a pas vraiment marché, je me suis pris un coup perdu et, parce que la situation tournait au vinaigre, je me suis lancé dans l’affaire. Zachary m’a veillé toute la nuit. Visiblement, un ahuri avait trouvé malin de me casser une bouteille sur le crâne, ce qui me plongea dans un long sommeil. Le lendemain, j’apprenais à me défendre. J’ai eu le temps de faire mes armes.
C’était monnaie courante, les bagarres. Les coups pleuvaient, autant que le rhum que partageaient les pirates et les corsaires après une bonne dispute. A vrai dire, j’ai appris les rudiments de la piraterie à cette époque.
Car des pirates, il y en avait. Tant et tant ! Ils racontaient leurs voyages, aussi souvent qu’ils parlaient de leurs ébats avec de belles femmes exotiques, de l’autre côté des mers. Zachary et moi passions notre temps à les écouter. Quand Zachary dessinait déjà des cartes, moi, je dessinais des rivages, des tricornes que j’avais vu en nombre sur les têtes des clients. Et des bateaux !
Mon temps libre, je le perdais à dessiner des bateaux. Des figures de proues, que je trouvais splendides, pour la plupart. Terrifiantes, pour d’autres. »

A douze ans, assis à une table où quelques pirates jouaient aux cartes en narrant leurs exploits de chasses aux trésors, Isobel se laissa porter par une douce mélodie. Ses pas le portèrent hors du bordel. Assis sur un tonneau de Rhum, un Pirate grattait les cordes d’une guitare en chantant un air jusqu’alors inconnu du petit mioche. Par réflexe, il vint s’asseoir aux pieds de l’homme et, à chaque fois que celui-ci s’arrêtait de jouer, il réclamait « encore ! ». Cela devait plaire autant au Pirate qu’à Isobel, car ils ne cessèrent leur petit concert que lorsque la vieille matrone vint le chercher par la peau du cou pour qu’il reprenne son poste. Vocifèrent comme seul un hors la loi des mers pouvait le faire, jurant comme un forban, le petit réclamait de pouvoir parler un peu à cet homme. Mais rien ni personne ne pouvait lutter contre la vieille, et surtout pas Isobel qui fut contraint de reprendre son unique balais aux poils rares pour astiquer le sol de la maison de passe.
Il n’adressa la parole à personne pendant une semaine, pas même à son frère, tant il voulait conserver en mémoire l’air que lui avait joué le pirate.
Il le chantonnait, tout le temps, jusqu’à ce que la vieille femme se mette à lui crier de cesser s’il ne voulait pas se retrouver avec une nouvelle bouteille fracassée sur le crâne. Ce souvenir étant douloureux, le gamin s’arrêta de chanter et, de l’autre côté de la porte, la musique reprit, chantée par une voix grave et âgée, ce qui eut pour effet de mettre la matrone dans tous ses états. Elle quitta l’auberge, furibonde.
Et revint quelques minutes plus tard avec le vieux pirate.
    « - Alors, petit, j’ai entendu dire que tu aimais ma guitare ?
    - C’est ça ? Une guitare ?
    - Yeap ! C’est-y pas beau, comme instrument ?
    - Si. »
Une unique syllabe, mais rien ne pouvait mieux faire comprendre son sentiment que les lueurs dans ses yeux lorsqu’il posa la main sur le corps sinueux de la guitare, passant doucement le doigt sur les cordes qui émirent le premier accord de la musique qui le hantait.
L’amour naquit, entre lui et le vieux bout de bois que lui céda de bon cœur le pirate. Enfin, de bon cœur. Il se fit offrir une nuit auprès d’une femme, avant d’abandonner la récompense de l’un de ses nombreux pillages au petit. Quand bien même, Isobel n’en su jamais rien. C’était un cadeau. Le plus beau de tous.
Le plus fastidieux, aussi. Bien que jouer du piano n’était pas tellement compliqué, la guitare, ça, c’était une autre paire de manche. Il lui fallut de nombreuses heures pour en maîtriser les secrets. Puis, le reste vint tout seul. Le chant se mêla aux accords et, conscient d’avoir un talent, il se mit à chanter, devant le bordel, pour attirer tout un tas de nouveaux clients. Les pirates lui lançaient une petite pièce avant d’entrer dans le bordel, les corsaires s’arrêtaient pour le questionner et lui, continuait à jouer. Et quand il y avait assez de monde, il rentrait, posait sa guitare, et continuait au piano. Mais la guitare était un instrument de voyage et ça, c’était sans doute ce qui lui plaisait tant, en cet instrument.
Car lui-même était un homme de voyage. Le sol meuble lui paraissait bien ennuyeux.

Isobel a écrit:
« Je n’ai jamais oublié la mer. Quand les pirates se mettaient à en parler, je me revoyais sur le navire des corsaires, je sentais le vent et l’air marin. Mais, en bossant au bordel, pas moyen de reprendre la direction de mon rêve.
On aurait pu penser que j’aurai voulu suivre la route de mon père. Mais un corsaire qui abandonne ses deux gamins, ce n’est pas un exemple. Les seuls hommes qui m’ont éduqués furent ceux de passages, autant de pères que de clients. Ils m’ont appris l’amour de la navigation. Ils étaient tous, du moins ceux qui en parlaient le mieux, des pirates. Pirate. »

Ce mot sonne si bien dans la bouche des autres que pour Isobel, sa voie est toute tracée. Il ne pourra jamais se sentir complet s’il ne porte pas un turban dans les cheveux en criant bien haut et fort « A l’abordage ! ». Alors, quatorze ans tout frais, il annonça à la matrone que ces travaux de bonne femme n’étaient pas pour lui, et il fila vers l’océan.
Enfin, il y fila en trainant les pieds. Zachary, lui, s’était pris d’amour pour le sol. Combien d’heures et de jours Isobel n’avait-il pas tenté de convaincre son frère de le suivre ! Mais peine perdue, il était le seul des jumeaux à ressentir ce besoin et, c’est donc seul, qu’il aborda tous les capitaines à quai pour leur demander un poste dans leur navire.

« Toi, dans mon navire ? », c’était à peu près la réponse qui revenait à chaque fois. Les pirates se tapaient les cuisses avec leurs grosses mains et riaient aux éclats, avant de lui refuser l’accès au navire. Mais, courageux et vaillant, Isobel continua sa route. Chaque bateau, chaque jour, se vu faire l’offre d’un mousse de quelques heures, payé peu cher et, surtout, travaillant pour quatre.

Ainsi donc, il reçut sa première pièce d’or après de longues heures passées à astiquer le pont d’un bâtiment. Les autres pièces suivirent bien malgré elles, car il faisait du bon boulot, et personne ne pouvait dire le contraire. Une telle passion l’envahissait lorsqu’il sentait le bateau tanguer, qu’il était impossible de dissocier le gamin de bordel d’un pirate né.
    « Hé, petit. On prend le large, tu viens avec ? »
Le sourire pour seule réponse, Isobel rejoint un équipage. Il frôlait les quinze ans, mais c’était son plus grand rêve. Et puis, bâtit comme il l’était déjà, les hommes cessèrent bien vite de le prendre pour un enfant. Du moins, après qu’il ait fait son premier caprice : il devait, avant tout, prévenir son frère.
    « Pas l’temps. Grimpe, ou on part sans toi. »
Le choix avait été dur. Très dur. Mais Isobel ne put laisser passer sa chance. Un lettre rédigée et confiée à un marin saoul plus tard, il était à bord d’un navire nommé « Le Belzebuth », et il prit le large.
Le plus mauvais voyage qu’il ait jamais fait. Être en mer lui plaisait, c’était certain. Mais il avait le visage de son frère constamment encré en lui et, la culpabilité le rongeait. Et s’il arrivait quelque chose à Zachary ? S’il mourrait, disparaissait, se faisait à nouveau agresser par un homme ivre ? Ah parce que ça…
Il en a, du charme, Zachary. Avec ses airs de poupons, son visage fin et ses cheveux dorés, il charmait tout le monde. Mais le premier à s’être fait envouter par Zachary n’était autre que son reflet, son propre jumeau. L’amour. Il n’y avait d’autre mot pour décrire cette chose qui prenait aux tripes l’adolescent à chaque fois qu’il pensait à son frère. L’amour l’avait retenu à quai pendant de nombreuses années, l’amour l’y ramènerait.
    « Dis donc, fillette. Il est temps que tu deviennes un vrai moussaillon, toi ! »
C’était un soir, à bord du Belzebuth. Le gamin, après avoir passé sa journée à éplucher des pommes-de-terre, s’était laissé bercer par la contemplation de l’océan scintillant sous les étoiles. Un peu assoupi par cette vision magnifique, il s’était fait capturer sans émettre de résistance par ses camarades pirates, tous bien plus âgés que lui. Ils l’attachèrent au mât, plus pour l’aspect comique de la chose que par utilité et, armés d’une longue aiguille, lui percèrent l’oreille gauche, lui arrachant un cri de stupeur.
    « Vous êtes dingues ! »
De nombreux sourires aux dents gâtées lui virent et, aussitôt, une deuxième grosse piqûre dans l’oreille, quand le capitaine lui accrocha l’anneau trempé auparavant dans du Rhum dont on lui fit ensuite boire une lampée. Le travail fait, ils le décrochèrent de là.
    « C’est pour ton bon boulot, va ! »
Et ils rirent de bon cœur. L’armant de sa guitare, ils le forcèrent à lancer une chanson et, tous postés sur le pont du bateau, le suivirent dans son chant. Le chant qu’il aimait le plus, celui qu’il avait un jour entendu, au bordel, avant qu’on ne lui offre sa guitare.
Ce matin-là, pour la première fois, Isobel avait pu assister à un abordage, une huée de pirates, rapières brandies, qui se lançaient, accrochés aux bouts, vers un bateau de plaisance. Il avait eu droit à son baptême du feu, s’élançant avec eux et récoltant quelques bijoux au passage. Le plus beau était une croix germanique dérobée sur le capitaine même et qu’il avait cachée sous sa chemise avant d’en récupérer une autre, plus simple. Ah, si ce n’était pas la plus belle journée de sa vie, laquelle était-ce ?

Le bateau mouilla à quai la veille de ses quinze ans. Le plus beau jour de sa vie fut, en réalité, celui-ci. Et tous les autres qu’il passa avec son jumeau.
Car son premier reflex, une fois le pied à terre, fut de courir vers le bordel. Quel ne fut pas la complexité de la chose, d’ailleurs : retrouver la terre ferme était encore plus compliqué que la première fois. Mais, non sans difficulté, il retrouva son frère et se jeta dans ses bras, sous les yeux des pirates, de la matrone et de toutes les filles qui poussèrent des hululements de joie. Elles brisèrent un peu ces retrouvailles en se jetant sur le duo, mais, conscientes qu’elles les dérangeaient un peu, elles laissèrent les deux adolescents entre eux.
Quoique, la matrone voulut avant tout récupérer son argent, celui qu’il aurait dû gagner s’il avait été ici, à travailler, plutôt qu’on ne savait où en mer. Il lui remit donc bien plus de pièces d’or qu’il n’aurait fallu et, enfin, pu se consacrer à sa seule réelle passion : Zachary Duncan.

Ce soir-là, il lui remit le cadeau d’anniversaire qu’il espérait être plus beau que tout : plus beau qu’un violon, qu’une guitare, que tout l’or du monde. Une croix germanique qu’il attacha au cou de son frère avant de lui voler un baiser d’amour.

Isobel a écrit:
« Personne ne peut comprendre ça. Mais ce n’est pas de l’amour, que j’ai pour Zachary. Il est moi. Il est la moitié de mon être et quand je le prends dans mes bras, alors seulement, je me sens entier. »

Certes, personne ne peut comprendre. Mais surtout, personne ne sait. Il n’est pas question de honte, ni de peur, mais c’est en cachant cela qu’Isobel est certain de pouvoir protéger son frère. Alors les expériences avec les femmes furent multiples, sans jamais que Zachary n’en entende parler, cela va de soi. Deux secrets qu’il garde bien.
S’il est, cependant, une chose que le jeune homme se permet de crier sur les toits, c’est qu’il est mousse sur un bateau pirate. Ah, ça. Sa passion enfin exercée, mais qui lui a déjà valu quelques ennuis avec les Corsaires de l’île. Comme si leur présence en mer n’était pas suffisamment encombrante, il faut qu’en plus, ils posent le pied à terre, et sur son île, pardi ! A la suite de sa troisième aventure en mer, le jeune homme s’est fait capturer par une bande d’hommes du gouvernement, mais ce n’est pas Isobel Duncan qui se laissera avoir si facilement. Après une belle bataille dont il est ressorti perdant et assommé, il a fait la rencontre de son futur sous-capitaine, un vieil homme dont les rides du visage pouvaient se comparer aux lignes qu’il avait lues. Et il en avait, des rides, croyez-en le jeune mousse.

C’est donc ce vieil homme, dont Isobel n’a jamais connu le nom - à bord, tout le monde l'appelait "Lascar" -, qui le repéra, un peu avant ses seize ans, pour lui proposer un poste de mousse sur un navire bien plus imposant et réputé que le Belzebuth. Il apprendrait à y faire ses armes, à comprendre comment fonctionnait la vraie vie de pirate et, en bref, à le devenir. Moins bien payé, mais tellement plus plaisant qu’Isobel accepta, scellant son accord avec un peu de Rhum, une chanson et quelques rires gras. Visiblement, ce dernier point était un des premiers apprentissages que le vieil homme donna au gamin. Pour rire comme un pirate, il faut rire fort.
Ce qu’Isobel considère toujours être comme un effort, puisqu’il n’est, à la base, pas vraiment expressif.

Tout ça pour dire que, de ses seize à dix-neuf ans, Isobel navigua à bord de « L’Unique », qui était réellement imposant. Un gros bateau, pour un gros équipage, d’ailleurs. Une réelle fourmilière s’activait à chaque heure du jour et de la nuit sur le pont du bâtiment, si bien qu’il fallut un long moment à Isobel pour être accepté comme un homme adulte, et non plus comme un enfant. Ça prit tant de temps qu’en réalité, il ne le devint qu’un jour, à un moment fixe.
L’un des pirates, ayant attrapé une maladie quelconque, voyait sa jambe droite devenir mauve, grossir et pourrir. Le pu en suintait abondamment et, pour ne pas risquer de contaminer l’équipage, il avait été décidé par le capitaine de jeter l’homme par-dessus bord. Un peu radical, certes, mais ils n’avaient pas de temps à perdre et, surtout, pas envie de crever à bord de ce rafiot, sans avoir pu profiter de la chair d’une femme, d’un bon pichet de Rhum frais, des atouts de la vie.
    « Attendez. Arrêtez ! Laissez-moi voir ce qu’il a… »
Et c’est comme ça que, après quelques gorgées de Rhum, pour Isobel comme pour le pirate atteint de gangrène, ce jour-là devint d’une réelle importance. Non seulement le gamin fit preuve de courage pour découper la jambe du pirate, mais en plus, il parvint à maintenir le pirate en vie jusqu’à l’escale suivante où il fut laissé à terre pour être soigné. L’équipage se montra soudain plus enclin à accepter le mousse et, enfin, lui donnèrent la possibilité d’apprendre son futur métier.

Isobel a écrit:
« Je n’eus la chance de participer à l’abordage d’un bateau qu’une seule fois, à bord de l’Unique. Comme s’ils voulaient me faire comprendre où se trouvait ma place.
Ce jour-là, je récupérai une rapière dans un excellent état…Enfin, elle n’était pas aiguisée, elle rouillait par endroits, mais quand je la pris en main, elle me sembla être le prolongement de mon bras, et ce le vieux qui me conseilla de la garder, pour m’exercer de temps à autre. Il était de bon conseil. »

Et puis, vint le jour du retour à Myrajh. Isobel, surexcité à l’idée de revoir son frère avait nettoyé le bateau de fond en comble, à tel point que certains disaient que, sans l’étendard des pirates, ils risquaient de se faire aborder par un autre clan pirate. Cela aurait peut-être été préférable. A quelques miles seulement de l’île qui était déjà bien en vue, le capitaine, ivre comme une bourrique, ordonna de changer de cap, envoyant « L’Unique », directement vers un banc de coraux, dans une eau peu profonde.

Isobel a écrit:
« Le fond de la cale racla le sol de l’océan. Il était autant fait pour naviguer que moi-même. Toucher le sol lui fut fatal. Il prit l’eau si vite que nous n’eûmes le temps que de récupérer la moitié du butin amassé au cours du voyage. Beaucoup en ont profité pour s’emparer des biens les plus importants et s’enfuir à la nage, puisque l’île n’était pas bien loin.
Moi, j’suis resté avec le vieil homme, à bord d’une barque, avec les quelques pièces d’or qui auraient dû me revenir, ma rapière et puis, une magnifique bague en argent qui était tombée des bras d’un pilleur. Ce qui était drôle, c’est qu’elle portait les initiales de Zachary, un magnifique Z croisé à un D. »

A nouveau, Isobel revint à la source, le lieu où il était né et, pour la première fois depuis des années, il se vit contraint de rester quelques mois coincé à quai. Aucun navire ne voulait de lui, aucun capitaine ne désirait l’engager à la place d’un autre et, pire que tout, de moins en moins de navires pirates s’arrêtèrent à Myrajh.
Il eut vingt ans, les pieds dans le sable, à guetter l’arrivée d’un nouveau navire.

« Hé, m’sieur ! Capt’ain ! Vous cherchez un mousse ? J’suis l’plus doué de tous, prenez moi ! », devint la phrase qu’il répéta le plus souvent.
Mais aujourd’hui est un grand jour. Aujourd’hui, il en est certain, après s’être à nouveau réveillé dans les bras de son frère, il va trouver un poste à bord d’un navire.
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MessageSujet: Re: Isobel Z. Duncan   Mer 4 Juil - 19:05

Wesh mad'moiselle, bien ou bien?

*Hum*

J'voulais juste savoir si la fiche était finie ou non, parce qu'il y a des rubriques qui manquent, mais il y en a aussi qui ont l'air très bien fournies !

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Isobel Z. Duncan

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MessageSujet: Re: Isobel Z. Duncan   Dim 8 Juil - 3:59

Hey mais, pourquoi je vois ça qu'aujourd'hui moi?
Elle est bientôt finie, désolée pour ce retard! <3 *dans la soirée, elle devrait être entièrement complétée*
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MessageSujet: Re: Isobel Z. Duncan   Dim 8 Juil - 11:29

Non mais y'a pas de soucis, prends le temps qu'il te faut. C'était pas pour te mettre la pression, juste pour pas passer à côté =)

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Isobel Z. Duncan

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